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"Faut pas croire tout ce qu'on voit sur le web" – Einstein

Où sont les preuves des pseudosciences ?

Le mot « pseudoscience » est utilisé pour décrire quelque-chose qui est présenté comme scientifique mais n’en remplit pas les critères.

Ce genre de fausse déclaration existe car la « vraie » science est empreinte de crédibilité (c’est à dire que ça « marche ») et que les pseudosciences essayent de surfer sur la vague de cette crédibilité sans se soumettre elles-même au difficile examen intellectuel que la science demande.

Un bon exemple de pseudoscience est l’homéopathie, qui présente une façade de pratique médicale basée sur la science mais refuse d’adhérer à la méthodologie scientifique.

On trouve d’autre chose bien représentatives de cette catégorie comme l’astrologie, le créationnisme de la jeune Terre, l’iridologie, la programmation neuro-linguistique ou la sourcellerie pour en nommer quelques-unes.

Quelle est la différence ?

Les clés pour distinguer sciences et pseudosciences sont parfois complexes à appréhender et cela peut rendre la compréhension de découvertes difficile pour le grand public.

Par exemple, ceux qui pensent que le fait qu’une anecdote se répète équivaut à une donnée ne vont pas apprécier que cela ne soit pas déclaré « preuve scientifiquement acceptable », même si bien sûr, cela peut avoir un rôle à jouer dans le fait de décider d’étudier ou pas un phénomène !

D’autres malentendus sont la définition d’une théorie pour une science, ce que cela veut dire de « prouver » quelque-chose, comment on peut ou doit se servir des statistiques et de la nature d’une preuve.

A cause de ces malentendus et de la confusion qu’ils engendrent, il est parfois utile de discuter de la science et des pseudosciences d’une façon qui se concentrent moins sur les modalités et plus sur les fonctions au sens large de la science.

Qu’est ce que la connaissance ?

Le premier et le plus important des niveaux qui permettent de reconnaître la science implique la façon dont un champ d’étude grandit en savoir et en utilité.

Le philosophe John Dewey dans son Traité sur la Recherche nous dit qu’il comprend la connaissance comme « d’une chose qui est arrêtée de manière si certaine qu’elle en devient une ressource pour de futures recherches ».

C’est une excellent description de comment nous en venons à « savoir » quelque-chose en matière de science. Elle montre comment le savoir existant peut être utilisé pour formuler de nouvelles hypothèses, développer de nouvelles théories et donc de créer de nouvelles connaissances.

C’est l’un des attributs de la science : notre savoir s’est incroyablement accru ces derniers siècles, guidé par les test en grandeur réelle de l’expérimentation.

Pour faire court, les nouvelles connaissances « marchent » et servent à créer à leur tour de nouvelles connaissances qui « marchent » aussi.

Pas de progrès effectués…

C’est ce qui distingue l’homéopathie, un domaine qui n’a généré aucun progrès visible, en pratique ou en théorie. Alors que l’utilisation d’un langage scientifique moderne semble lui donner de la crédibilité, il n’y a eu pas eu d’avancée correspondant à une quelconque augmentation de son efficacité.

A ce niveau de compréhension, la science produit des avancées, les pseudosciences, non.

Pour comprendre ce manque d’avancées, avançons à un niveau plus bas, plus détaillé où nous allons nous intéresser à un des buts premiers de la science : fournir des causes qui permettent d’expliquer des phénomènes.

Les explications causales :

Les explications causales sont ce qui nous permet d’expliquer le lien entre deux ou plusieurs événements, ce qui nous permet de tracer un chemin théorique montrant l’influence que l’un a sur le ou les autres.

Ce chemin théorique peut alors être testé au travers des prédictions qu’il permet de faire sur le monde et de comment on valide ou infirme ces prédictions. Des exemples classiques de ces explications théoriques qui ont été couronnées de succès sont l’explication des saisons ou le fondement génétique de certaines maladies.

Si il est vrai que les supporters de l’homéopathie essayent très fort de donner des explications causales, ces explications ne mènent pas à l’augmentation de l’efficacité des préparations homéopathiques, ne fournissent aucune nouvelle connaissance qui soit utile et ne permettent aucunes avancées.

Dans le même temps, les partisans de la programmation neuro-linguistique prétendent qu’il existe un lien de cause à effet entre certains processus neurologiques et des comportement acquis mais n’arrivent jamais à les démontrer tandis que les astrologues ne fournissent aucune explication cohérente à leurs prétendues pouvoir de prédictions !

Le manque d’explication causale testable (ou même de modèles si vous voulez) qui caractérise les pseudosciences nous donnent un second crible : la science fournit des explications factuelles menant à des avancées, les pseudosciences non.

Aspects opératoires de la science :

Un troisième niveau de discrimination se situe là où se fait la principale différence entre les deux entités, au-delà de ce que j’ai appelé plus haut les modalités. Mettre ces aspects au clair aide à bâtir des explications utiles.

C’est là que se jouent les principales différences sur ce qui constitue des preuves : comment utiliser des statistiques, se départir des biais cognitifs, utiliser une méthodologie correcte etc etc.

C’est ce qui montre que l’homéopathie se base sur le biais de confirmation, que le lobby anti-vaccin se concentre sur des anecdotes ou encore que ceux qui rejette les conclusions du GIEC ne sélectionnent que les données qui vont dans leur sens.

C’est aussi ce niveau qui est généralement le plus complexe à appréhender pour le grand public, comme on peut le voir dans ce qui ressort des débats dans les médias,les réseaux sociaux ou même dans la politique.

La connaissance est là, toute proche

Il est important de connaître la façon dont la science fonctionne mais il faut aussi mettre en avant (que ce soit en éduquant ou en communiquant) les explications que la science fournit sur le monde et le lien entre ces explications, les avancées de la connaissance et leur utilité dans la vie de tous les jours.

Cette compréhension nous donne de meilleurs outils pour reconnaître les pseudosciences en générale et nous aide aussi à combattre les mouvements anti-science (comme les créationnistes ou les anti-OGM) qui prennent souvent les dehors de la science pour essayer de jouer dans le même terrain de la rationalité.

Un combat ciblé contre les pseudosciences est essentiel au progrès de l’humanité à travers la connaissance et la science, qui Einstein nous le rappelle, est « la chose la plus précieuse que nous ayons ».

P Ellerton est professeur de pensée critique de l’Université du Queensland.

http://www.realclearscience.com/articles/2014/02/01/where_is_the_proof_in_pseudoscience_108484.html

NDT : un petit appel à l’autorité en fin de course mais personne n’est parfait I mean ^^

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2 commentaires sur “Où sont les preuves des pseudosciences ?

  1. ptitlu
    6 mai 2015

    Bonjour,
    « On trouve d’autre chose bien représentatives de cette catégorie comme l’astronomie » tu ne voulais pas dire astrologie ?

    Aimé par 1 personne

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Cette entrée a été publiée le 2 mai 2015 par dans Intermédiaire, et est taguée , , .
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