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"Faut pas croire tout ce qu'on voit sur le web" – Einstein

Non, Monsanto ne tue pas les fermiers indiens

Allez sur n’importe quel site d’activistes anti-OGM et vous trouverez de nombreux articles les accusant d’agissements plus diaboliques les uns que les autres concernant Monsanto et les OGM. Si l’on en juge à l’aune de ces sites web, il semble que la si redoutée agro-entreprise n’ait aucune limite, que ce soit en ce qui concerne son influence ou l’atrocité de ses tactiques.

L’une des plus grosses histoire est que Monsanto acculerait les fermiers indiens à la pauvreté en les endettant à travers des semences très chères qui ne peuvent être stockées et échouerait à produire des rendements suffisants. Désespérés, les fermiers se tourneraient vers le suicide pour échapper aux griffes de Monsanto (certaines versions racontent comment ils mettent fin à leur jour en avalant l’herbicide initialement destiné aux champs).

Et grâce à ces tactiques diaboliques, les cultures OGM représenteraient maintenant 95% du cotonnier planté en Inde puis-qu’apparemment il suffit d’investir quelques millions de dollars dans du cotonnier génétiquement modifié qui ne marche pas pour réussir à contrôler l’approvisionnement alimentaire.

Comme toutes les histoires anti-OGM, celle-ci comporte un petit noyau de vérité et énormément de propagande. Il est vrai que les fermiers indiens ont un taux de suicide inacceptablement haut lié à leurs fortes dettes. Cela dit, cela résulte d’une combinaison de banques prédatrices (et Monsanto n’est pas une banque), de régions arides et mal irriguées et d’une économie libéralisée qui laisse trop vulnérable les fermiers pauvres.

Partons à la découverte de l’histoire de Monsanto, du cotonnier Bt et des suicides des fermiers indiens.

Le vol de graine – la contrebande des cotonniers Bt

L’histoire de comment le cotonnier Bt a fait son trou en Inde est assez fascinante et pas du tout celle à quoi on s’attendrait. Il n’a pas fini dans les champs des fermiers à cause de compagnies agressives ou d’obscures officines gouvernementales. Au lieu de ça, il fut introduit en contrebande dans le pays par des vendeurs de semences : D.B. Sebai, également connu sous le pseudonyme du « Robin des bois des OGM » est le propriétaire de la compagnie qui a importé le cotonnier Bt dans le pays.

Il faut bien noter que ce n’est pas quelquechose d’inhabituel. En fait, des semences non-OMG aussi ont été introduites illégalement en Inde dans le passé, forçant ainsi les législateurs à autoriser de nouvelles variétés.

Le cotonnier Bt était vendu au marché noir et les fermiers s’en servaient dès qu’ils le pouvaient. Étant donné la nature même d’un marché noir, il y avait beaucoup de confusion entre ce qui était vraiment du Bt et ce qui était une copie. Parfois, des fermiers se faisaient vendre des cotonniers non-Bt présentés comme possédant le trait Bt, et cela résultait en des performances inférieures à celles attendues. [4]

Cependant, le marché noir du Bt restait populaire lorsqu’il était possible d’en acquérir et pendant des années, les cultivateurs s’en sont servi en douce pour protéger leurs cultures.

Le trichogramme du cotonniers

La noctuelle du cotonnier

Puis, en 2001, une forte infestation de noctuelle (ou mite du cotonnier) frappa l’Inde. Concernant une province, le Gujarat, Herring constate que :

Le gujarat a vu toutes ses plantations de cotonniers hybride traditionnel dévastées, côte à côte avec les plants Bt qui restaient resplendissant dans leur glorieuse munificence.

Le gouvernement était hors de lui et ordonna la destruction et l’incinération des plants en bonne santé. [4]

La grande révélation ne s’est pas faite à travers un scandale impliquant des contrebandiers, de grandes entreprises ou des gens se faisant exploiter – elle s’est faite car les plants OGM restaient intacts au milieu du marasme dans lequel était plongée l’industrie du cotonnier indien.

Le gouvernement était furieux car il avait déjà interdit les OGM et il mandata des fonctionnaires locaux pour détruire les cotonniers OGM de contrebande, en dépit du franc succès de ce dernier. Inutile de dire que les fermiers ne prirent pas très bien la chose. Après l’invasion de noctuelles, ils n’étaient pas prêts à laisser ce qui leur restait de plantations se faire détruire et ils réagirent :

« Le 25 Mars 2002, les représentants des fermiers menés par Sharad Joshi a menacé de lancer un mouvement de désobéissance civile si les cotonniers Bt n’était pas approuvé par Delhi. Les représentants de cultivateur de cotonniers du KCC – Kisan Corporation Committee, un syndicat d’agriculteurs NDT – situés partout en Inde, Gujarat, Maharastra, Punjab et Andrah Pradesh se sont immédiatement rallié et ont menacé de cultiver des variétés transgéniques, que le gouvernement soit d’accord ou pas. » – 4

Les cultivateurs de cotonniers se sont dressés contre le gouvernement et ont demandé à ce que non seulement leurs plantations restent intactes mais qu’en plus le gouvernement autorise la culture de variétés comportant le trait Bt. La réalité pour le gouvernement indien était que non seulement le cotonnier Bt était déjà largement répandu et était manifestement une réussite et que forcer les paysans à détruire leurs plantation aurait tout simplement été impensable.

A.K. Dixit, Directeur de l’Agriculture pour le Gujarat déclara « il est impossible de contrôler quelque-chose à une si large échelle. Lorsque nous allons dans les champs, nous devenons une cible à abattre car nous essayons d’enlever aux fermiers une technologie dont ils profitent ».

C’est la partie de l’histoire que vous ne lirez sur aucun site d’activiste parce qu’elle ne colle pas avec leur histoire de pauvres fermiers indiens en train d’être exploités par des agro-corporations. Les histoires qui racontent comment de pauvres fermiers ont fait de la contrebande et se sont battus pour leur droit à cultiver des OGM n’arrangent pas les affaires de groupes comme Greenpeace.

Au lieu de ça, les histoires de ces fermiers sont ignorées et Monsanto est ciblé dans le but de s’attirer les faveurs d’activistes et d’élites urbaines.

Une combinaison de contrebande, de bio-piraterie et de marché noir ont rendu le Bt « grand public » et ont ouvert le segment suivant de l’histoire du cotonnier Bt en Inde.

Le cotonnier indien – de zéro à héros

Avant 2002, lorsque le cotonnier Bt a été autorisé, la production indienne de coton végétait. Les récoltes étaient parmi les plus basses au monde alors que les étendues dédiées au cotonnier étaient parmi les plus élevées. [7] Les fermiers pulvérisaient de grosses doses d’insecticides pour combattre les ravageurs, cependant les rendement demeuraient faibles, ce qui conduisait à de très forts coût de production. Le marché noir des graines de cotonniers Bt a donné aux paysans indien un outil puissant.

En dépit d’un coût plus élevé et de la rareté des graines Bt, les fermiers désiraient utiliser tous les moyens nécessaires pour lutter contre la noctuelle et les autres ravageurs.

L’autorisation du cotonnier Bt mena à une rapide adoption par les cultivateurs.

Production de cotonniers en Inde 1963 - 2013

Production de coton en Inde 1963 – 2013

La progression économique de l’Inde en ce qui concerne la production de coton a connu une rupture majeure depuis l’autorisation du cotonniers Bt :

  • Avant la dérégulation du cotonnier Bt, la production moyenne était de 300kg/hectare [6]

  • En 2008, le cotonnier Bt avait quasiment doublé le rendement moyen par acre en Inde et avait fait passer le pays d’importateur à exportateur

  • D’après FAOSTAT, en 2002 l’Inde avait importé 230.000 tonnes de coton tandis qu’elle en exportait 1,9 millions de tonnes en 2012

  • entre 2002 et 2013, la surface dédiée à la culture de cotonniers a augmenté de 26% tandis que la production du pays a augmenté de 313%

  • En 2013, le taux d’adoption du cotonnier Bt avoisinait les 95%. [8]

Pourcentage d'adoption du cotonniers Bt en Inde (la surface totale est indiquée en rose)

Pourcentage d’adoption du cotonnier Bt en Inde (la surface totale est indiquée en rose)

Il est devenu clair pour les fermiers, les entreprises et les législateurs que le cotonnier Bt est parti pour rester, même si certains activistes et élites urbaines restent dans le déni. Les rendements ont explosé, faisant passer le pays d’importateur à exportateur et les énormes taux d’adoption indiquent que le cotonnier Bt est populaire et efficace.

Nous avons vu les effets macro-économiques du cotonnier OGM, mais pourquoi les fermiers l’aiment -ils autant ?

La performance – la vraie raison derrière l’adoption du cotonnier Bt

Au moment de l’invasion de noctuelles en 2001, les agriculteurs connaissaient déjà l’utilité du cotonnier Bt, mais en raison de son illégalité, ils en savaient bien moins sur ses performances réelles.

Depuis leur autorisation en 2002, les cultivars de cotonniers Bt ont été scruté de près par de nombreuses organisations de toutes sortes. Activistes, chercheurs publics, fonctionnaires gouvernementaux et entreprises de biotechnologie ont prêté une très forte attention aux taux d’adoption et aux performances du cotonnier Bt en Inde : une expérience en taille réelle de ce que peuvent donner des cultures OGM dans un pays en voie de développement.

Mais les acteurs les plus importants restent les fermiers eux-même – les héros de notre histoire.

Études sur les récoltes de cotonniers Bt (de haut en bas : période concernée, augmentation de la production, réduction de nombre de pulvérisations, hausse des profits, hausse moyenne du profit/hectare)

Études sur les récoltes issues de cotonniers Bt (de haut en bas : période concernée, augmentation de la production, réduction de nombre de pulvérisations, hausse des profits, hausse moyenne du profit/hectare)

Les fermiers ont pu réduire drastiquement les quantités d’insecticides pulvérisés et, malgré le coût plus élevé es graines Bt, les bénéfices plus élevés compensent l’augmentation du coût initial. En 2005, une étude de l’université d’Andhra a montré que les cultivateurs de cotonniers Bt gagnait trois fois plus que leurs homologues « conventionnels » dans le district de Guntur et huit fois plus dans celui de Warangal dans l’état d’Andhra Pradesh. [3]

Il y a non seulement un bénéfice financier mais également un bénéfice en terme de santé puisqu’il est moins nécessaire de pulvériser des insecticides, notamment en tenant compte du fait des enfants travaillent souvent dans les champs.

Encore plus, lors d’une étude s’intéressant aux effets indirects du cotonnier Bt, les chercheurs se sont rendu compte que les ménages faisant pousser du cotonnier Bt avaient de plus forts taux de visites prénatales, que les accouchements y étaient plus susceptibles d’avoir lieu en présence de professionnels, que les gens y étaient plus vaccinés et que les enfants y étaient plus scolarisés.

Même si cela pourrait s’expliquer par le fait que les paysans plus fortunés seraient plus susceptibles d’adopter de nouvelles technologies, il a été découvert que même les ménages commençant ces cultures avaient des taux généralement plus haut. [13]

Variétés de cotonniers Bt autorisées en Inde

Variétés de cotonniers Bt autorisées en Inde

Un autre aspect intéressant de l’utilisation du cotonnier Bt en Inde est que Monsanto n’est pas la seule compagnie à vendre des graines comportant le trait Bt. Alors que Monsanto travaille avec une compagnie semencière indienne, Mahyco, dans le cadre d’une joint-venture, il y a d’autres cultivars Bt qui ont été développés par des firmes locales.

Non seulement Monsanto n’a pas obligé les fermiers à utiliser ses graines mais d’autres firmes ont pu développer les leurs.

On peut donc montrer que le cotonnier OGM est populaire à la fois chez les fermiers et chez les entreprises locales.

Le suicide des fermiers – un problème réel entouré de mythes.

Le roman propagé par le mouvement anti-OGM est que Monsanto a accablé les fermiers de dettes écrasantes et d’un racket perpétuel les obligeant à constamment racheter de nouvelles semences aux entreprises agro-industrielles.

Il est important de se souvenir que selon la Loi Indienne sur les Semences datant de 1966, section 24, les fermiers sont autorisés à garder des graines et à les revendre à d’autres cultivateurs. Il n’existe aucun mécanisme légal par lequel Monsanto, ou n’importe quelle autre compagnie, pourrait contraindre les agriculteurs à acheter de nouvelles semences ou les empêcher de conserver et redistribuer ces mêmes semences. De plus, les « graines terminator » qui donnent des plants aux graines stériles n’ont jamais été vendues. Il ne peut donc pas exister de contrôle par ce moyen.

Comme avec tous les mythes, il y a une origine à cette partie de l’histoire : le cotonnier en Inde est principalement hybride, et à la seconde génération, les plantes hybrides perdent les caractères qui leur procurent vigueur et uniformité. Puisque les hybrides de première génération (dits F1) sont plus performants, les fermiers doivent donc racheter de nouvelles semences s’ils désirent conserver ces traits avantageux. Cela est vrai du cotonnier OGM comme de toutes les autres variétés.

Heureusement, les profits issus des meilleurs rendements font plus que rattraper les coûts liés aux semences. Les fermiers peuvent (et ils le font parfois) conserver des graines issues des plants hybrides afin de les semer la saison suivante, mais cela affectera la performance des cultures.

Le trait Bt en lui-même n’est pas affecté, mais le rendement global de la récolte déclinera et aura tendance à être plus irrégulier. Ce sont les hybrides F2 et les contrefaçons issues du marché noir qui ont contribué aux descriptions d’échecs de cultivars Bt.

Variations de la production entre variétés

Variations de la production entre variétés « parentes » (C24 et Ler) et générations F1 et F2

Il y a eu également des affirmations selon lesquelles le trait Bt aurait échoué à protéger les cultures, menant à des récoltes ratées venant de semences plus chères. Ces histoires sont certainement dues aux ratages des premières productions résultant du marché noir, des hybrides F2 et de l’utilisation du mauvais cultivar. Les critiques ne réalisent pas toujours que le trait Bt n’est pas unique à une seule variété et et que souvent, l’utilisation de la mauvaise peut entraîner une baisse de la production. Il faut aussi prendre en compte que les premiers plants Bt n’étaient pas issus des variétés les plus productives. [4 – 6]

Alors pourquoi les fermiers se suicident-ils ? Les études ont montré une ensemble de raisons mais s’accordent généralement sur trois principaux facteurs corrélés les uns aux autres : des banques prédatrices, de mauvaises infrastructures d’irrigation et une économie fraîchement libéralisée. [610]

Afin de pouvoir acheter les semences, engrais, équipements et pesticides, les fermiers les plus pauvres doivent souvent contracter des emprunts avec l’espoir de rembourser ceux-ci avec l’argent de la future récolte. Si cette dernière est mauvaise, ils sont dans l’incapacité de rembourser les emprunts et se retrouvent dans une situation où ils sont littéralement harcelés par ces banques prédatrices.

Cette situation est encore exacerbée par le faible niveau des infrastructures d’irrigation en Inde. Environ 60% de l’Inde dépend de la pluie pour ses cultures et, selon la Banque Mondiale, seuls 35% des surfaces agricoles sont irriguées. Les régions arides indiennes tendent à être utilisées pour les cultures les plus rentables – comme le cotonnier – au lieu d’agriculture vivrière.

Tout cela signifie que les plantations de cotonniers sont bien plus sujettes aux « ratages » ponctuels, cela résultant d’une mauvaise irrigation et de problématiques géographiques, mais pas à cause du trait Bt.

Et cela d’autant plus que ce problème date d’avant l’introduction du cotonnier Bt en Inde.

La hausse des suicides en Inde est antérieure à l'introduction des OGM

La hausse des suicides en Inde est antérieure à l’introduction des OGM

Le côté le plus insupportable de cette histoire est qu’il existe un réel problème social en Inde et qu’il devrait être réglé, mais en dépeignant Monsanto et les OGM comme les responsables de ce problème, les militants anti-OGM détournent l’attention des vrais problèmes.

Un des exemples que l’on peut prendre est l’ouverture total de l’économie indienne aux actifs étrangers. Une fois ceci fait, les fermiers n’ont (pour certains) plus pu contrebalancer l’augmentation du coût d’achat des semences par les bénéfices accrus issus des récoltes. Cela montre bien la grande vulnérabilité des petits exploitants face à une économie libéralisée dans un pays en voie de développement.

Mais plutôt que de s’attaquer à ce problème, on voit partout des articles expliquant que Monsanto tue des fermiers alors que ceci est manifestement faux.

Combattre les succès des OGM – fausses histoires et vraie propagande

L’histoire du cotonnier indien est fascinante : elle implique des contrebandiers, des fermiers luttant pour leurs droits et défendant leurs récoltes, des problèmes économiques complexes et des maux profondément enracinés dans la société. C’est un problème complexe qu’il est difficile de résumer en un seul article – même de six pages.

Le cotonnier Bt a été un excellent moyen de faire passer l’Inde de pays importateur à pays exportateur de cotonniers, cependant le pays est toujours confronté à ses problèmes bancaires et d’irrigation (pour ne citer que ceux-là).

L’un dans l’autre, l’Inde est un parfait exemple du fait que les problèmes socio-économiques ne peuvent être réglé à l’aide d’une seule « potion magique ». Les sujets difficiles requièrent de l’esprit critique et que l’on porte attention aux détails. Malheureusement, tout ceci est souvent laissé de côté lorsqu’il s’agit de diaboliser une technique de production ou une entreprise en particulier.

La déconnexion entre la masse monumentale des découvertes scientifiques liées aux OGM et ce que certains militants en disent est déprimante, pour ne pas dire plus. La façon dont cette histoire a été rapportée était irresponsable et une tentative flagrante de créer de toutes pièces une histoire devant servir une cause (désavouer une entreprise en la calomniant).

Et cela a simultanément détourné l’attention des vrais problèmes et banalisé l’exploitation économique et la vulnérabilité des plus pauvres – dans le cas présent, un système bancaire prédateur et un réseau d’irrigation insuffisamment développé sur lequel repose pourtant la vie de fermiers.

Les ONG et les militants ne peuvent plus désormais continuer à affirmer qu’ils s’inquiètent pour les plus pauvres alors qu’ils insistent pour contrefaire les histoires de ceux qui sont exploités afin de discréditer les biotechnologies. Diaboliser les outils dont se servent les fermiers tout en prétendant s’occuper de leur situation de détresse est – pour le moins – contradictoire.

Leur soi-disant scepticisme est en réalité fait de déni et d’une tentative de maintenir une « pureté » idéologique de la Nature.

Le cas du cotonnier Bt est un exemple du fait que le progrès ne peut pas être arrêté, mais seulement contenu. Quelque-chose finira toujours par surmonter les obstacles qu’on lui crée – et dans ce cas ce fut les cultivateurs de cotonniers indien.

Fermier devant un plant de cotonniers Bt

Fermier devant un plant de cotonniers Bt

Traduit de : Why is Monsanto killing Indian farmers? They’re not.

NDT : le problème des OGM est (comme on l’a déjà vu ici) un problème complexe, notamment en ce qui concerne la perception que le public en a. Je prie donc les éventuels commentateurs, de bien vouloir se concentrer sur les faits exposés dans cet article plutôt que sur des généralités et/ou d’autres histoires non reliées.

Les lecteurs désirant plus de données sur le problème des suicides de paysans en Inde, pourront se reporter aux billets de Yann Kindo (ici et ici par exemple).

Pour un complément sur la façon dont les militants anti-OGM communiquent, le blog de Wakes Seppi peut servir (attention, le ton est assez peu amène, il convient donc de se concentrer sur le fond plus que sur la forme) ainsi que cet article détaillant pourquoi un des anciens dirigeant de Greenpeace accuse maintenant cette ONG de crime contre l’humanité

Références:

*FAOSTAT: Current production stats can be found at here. Import/export stats can be found here.

[1] Bennett R., Ismael Y. and Morse S. (2005). Explaining contradictory evidence regarding impacts of genetically modified crops in developing countries. Varietal performance of transgenic cotton in India. The Journal of Agricultural Science, 143, pp 35-41.

[2] Choudhary, B., and Kadambini, G. 2010. Socio-Economic and Farm Level Impact of Bt Cotton in India 2002 – 2010. International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA). An e-copy of the report is available here.

[3] Choudhary, B., and Kadambini, G. July 2010. Bt Cotton in India: A Country Profile. International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA). An e-copy of the report is available here.

[4] Herring, Ronald J. 2007 Stealth Seeds: Bioproperty, Biosafety, Biopolitics. Journal of Development Studies, Vol.43 (No.1). pp.130-157.

[5] International Food Policy Institute (IFPRI), 2008. Bt cotton and farmer Suicides in India, IFPRI Discussion Paper 00808. Reviewing the Evidence, by Guillaume P Gruere, Purvi Mehta-Bhatt and Debdatta Sengupta, October 2008. An e-copy of the report is available here.

[6] International Food Policy Institute (IFPRI), 2011. Bt Cotton and Farmer Suicides in India: An Evidence-based Assessment, by Guillaume P Gruere and Debdatta Sengupta, February 2011. An e-copy of the report is available here.

[7] James, Clive. 2002. Global Review of Commercialized Transgenic Crops: 2001 Feature: Bt Cotton. International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA). An e-copy of the report is available here.

[8] James, Clive. 2014. Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops: 2014. International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA). An e-copy of the report is available here.

[9] Mitra, S. and Shroff, S. (2007) Farmers’ suicides in Maharashtra. Economic and Political Weekly, 42(49), pp. 73–77

[10] Nagaraj, K. (2008) Farmers’ Suicide in India: Magnitudes, Trends and Spatial Patterns. Preliminary Report (Madras, India: Madras Institute of Development Studies). An e-copy of the report is available here.

[11] Subramanian, A., and Quaim, M., 2010 The impact of Bt Cotton on poor households in rural India. Journal of Development Studies, Vol.46 (No.2). pp.295-311.

[12] Subramanian A and M Quaim. 2009. Village-wide Effects of Agricultural Biotechnology: The Case of Bt Cotton in India, World Development. 37 (1): 256-257.

[13] Indicus Analytics, 2007. Socio-economic appraisal of Bt cotton cultivation in India. Indicus Analytics Study

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11 commentaires sur “Non, Monsanto ne tue pas les fermiers indiens

  1. Jérome
    11 septembre 2015

    Excellent, merci beaucoup pour cette traduction !!!

    J'aime

  2. Désinformation
    13 septembre 2015

    Vous êtes payé combien pour dire autant de conneries?

    J'aime

    • Maeelk
      13 septembre 2015

      Pas assez cher j’en ai peur pour avoir à supporter ce genre de commentaires…
      Sinon pour ce qui est de mes sources de revenu, merci de consulter la page « A propos ».

      Aimé par 2 people

  3. alpincesare
    14 septembre 2015

    Merci pour la traduction.

    Quelques fautes de frappe:

    a fait son trou en Inde en Inde

    Parfis, des fermiers -> Parfois

    Le gujarat -> Gujarat

    Kisan Corporation Comittee -> Committee

    ]étaient -> étaient

    en inde -> Inde
    en Ide -> Inde

    si ils -> s’ils

    certainement dûes -> dues

    dans un payx -> pays

    les problèmes sociaux économiques -> socio-économiques

    de coté -> côté

    .Diaboliser -> . Diaboliser

    Leur soit-disant scepticisme -> soi-disant

    Quelque-chose finira -> Quelque chose

    on ‘a déjà vu -> on l’a

    Aimé par 1 personne

  4. gattaca
    15 septembre 2015

    excellent article. Il rejoint une étude publiée en 2008 par Guillaume Gruère et al. qui avaient montré qu’en aucun cas les cotonniers Bt ne sont responsables des suicides observés en Inde (ils existaient en Inde préalablement d’ailleurs et continuent OGM ou pas OGM).
    De plus si on regarde le taux de suicides en France des agriculteurs, il est maintenant supérieur à celui observé en Inde (et pourtant il n’y a plus de PGM cultivées en France depuis 2008).

    Un détail sémantique mais qui toutefois est important :
    Seul le cotonnier est GM et non pas le coton.
    Cette erreur classique voire systématique est due au fait que cotton en anglais est le même mot pour la plante et la fibre (le coton).
    Cela n’a l’air de rien mais maintenant les antis (par amalgame primaire et voulu) font croire que le coton (produit par le cotonnier) est GM ou transgénique. Il n’en est évidemment rien !
    Il y aurait lieu donc dans votre texte de faire un rechercher : « coton Bt » et faire un remplacement par « cotonnier Bt ».

    Etude de Gruere G.
    Suicides in general, including farmers’ suicides, are a sad and complex phenomenon. Hence, their underlying causes need to be addressed within an equally complex societal framework. Here, we provide a specific case study on the potential link between technological choices and farmer suicides in India. Although officially recognized for having increased production and farmers’ income, Bt cotton, genetically­modified, insect­resistant cotton, remains highly controversial in India. Among other allegations, it is accused of being the main reason for a resurgence of farmer suicides in India.
    In this paper, we provide a comprehensive review of evidence on Bt cotton and farmer suicides, taking into account information from published official and unofficial reports, peer­reviewed journal articles, published studies, media news clips, magazine articles, and radio broadcasts from India, Asia, and international sources from 2002 to 2007. The review is used to evaluate a set of hypotheses on whether or not there has been a resurgence of farmer suicides, and the potential relationship suicide may have with the use of Bt cotton.
    We first show that there is no evidence in available data of a “resurgence” of farmer suicides in India in the last five years. Second, we find that Bt cotton technology has been very effective overall in India. However, the context in which Bt cotton was introduced has generated disappointing results in some particular districts and seasons. Third, our analysis clearly shows that Bt cotton is neither a necessary nor a sufficient condition for the occurrence of farmer suicides. In contrast, many other factors have likely played a prominent role. Nevertheless, in specific regions and years, where Bt cotton may have indirectly contributed to farmer indebtedness, leading to suicides, its failure was mainly the result of the context or environment in which it was planted. We close the paper by proposing a conceptual framework for empirical applications linking the different agricultural and institutional factors that could have contributed to farmer suicides in recent years in certain districts of Central and Southern India.
    Keywords: cotton, genetically modified crops, farmer suicides, India

    IFPRI Discussion Paper 00808
    October 2008
    Bt Cotton and Farmer Suicides in India
    Reviewing the Evidence
    Guillaume P. Gruère
    Purvi Mehta­Bhatt
    Debdatta Sengupta
    Environment and Production Technology Division

    Aimé par 1 personne

  5. Olivier
    20 septembre 2015

    Attention: « bollworm » (cf. article original) se traduit par « Noctuelle », un papillon dont la chenille est gourmande du coton, et non par « trichogramme », une micro-guêpe auxiliaire de lutte biologique qui d’ailleurs peut être utile contre la nouvelle du cotonnier.

    Aimé par 1 personne

  6. Pingback: Non, Monsanto ne va pas être jugé pour crimes contre l’humanité. | Associations Libres

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