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La réalité des médecines alternatives : coqueluche et naturopathie

Si il y a un domaine des médecines «alternatives » qui m’attriste (et me met en colère), c’est le mouvement anti-vaccinaliste. La plupart des autres ne met en danger que leurs adeptes, mais les anti-vaccinalistes menacent la santé publique.

Leurs actions peuvent blesser les membres les plus vulnérables de nos sociétés – souvent des enfants – et tout ceux qui dépendent de l’immunité de groupe que la vaccination fournit.

Cet article est une traduction de The horrible consequences of seeking “natural” immunity: Naturopathy and Whooping Cough

Pour aller plus loin, le (très bon) blog Rougeole Épidémiologie possède une série d’articles sur la question, accessible à partir de ce lien : Coqueluche: Introduction.

Après mes quelques derniers articles naturopathie VS science, je pensais que j’allais faire une petite pause avec d’autres sujets. Cependant, la semaine dernière, l’ex-naturopathe (et amie du blog) Britt Hermes a sorti un post d’une naturopathe qui m’a scotché. Il y avait de la naturopathie et de l’antivaccinalisme, le tout décrit dans un billet à propos de trois enfants que leurs parents ne vaccinent pas.

Heather Dexter, qui affirme être une « Docteure Naturopathe Officielle Certifiée » dans le Michigan, blogue sur Likemindedmama.com. Elle a récemment utilisé son blog pour décrire, avec d’incroyables, horrifiques et poignants détails, comment elle a laissé ses trois enfants souffrir de la coqueluche sans chercher de soutien médical. Le post a été retiré après quelques jours mais est récemment réapparu avec quelques modifications. L’original, que je citerai ci-dessous, a été archivé et peut être retrouvé ici ou ici.

Je vous encourage fortement à lire l’article dans son entièreté, car, de façon hallucinante, non seulement Heather Dexter a laissé ses trois enfants souffrir durant de longues semaines de la toux et des douleurs dues à la coqueluche, mais elle leur a également fait subir toute une panoplie de traitement invasifs (et inutiles) issus de médecines alternatives. Et cependant, elle affirme n’avoir aucun regrets.

La coqueluche est évitable, les anti-vaccins refusent ce fait.

La vaccination a certainement empêché plus de morts dans les 50 dernières années que n’importe quelle autre invention liée à la santé. Des maladies infectieuses qui tuaient des millions de personnes ont été complètement éradiquées (ou sont en voie de l’être) et tout cela grâce à l’efficacité des vaccins.

La variole était un tueur sans pitié qui a pris 300 Millions de vies pour le seul Xxème siècle, elle est maintenant disparue, vaincue à jamais. Et il y a maintenant plus de deux douzaines de maladies pour lesquelles un vaccin existe. Ils devraient être facilement accessibles par tous – et pour la plupart des gens, ils le sont.

Il y a un vaccin efficace pour la coqueluche, ou « toux des cent jours ». Cette maladie est causée par la bactérie Bordetella pertussis, et l’infection peut être sérieuse particulièrement chez les enfants. Elle provoque une toux violente, rapide qui est suivie d’une soudaine inspiration – dont la maladie pourrait tirer son nom. Si vous ne l’avez jamais côtoyée, allez regarder des vidéos, et si c’est le cas, vous savez à quoi elle ressemble et comment elle « sonne ».

C’est bouleversant à observer et cela peut terrifier les parents. La coqueluche peut tuer les plus jeunes enfants et chez les plus âgés elle peut provoquer des quintes de toux si fortes qu’ils peuvent s’évanouir – ou se fracturer des côtes.

Ils finissent souvent avec des yeux au beurre noir et des capillaires éclatés – comme sur l’image ci-dessus – simplement du fait de l’intensité de la toux. Ayant vu les vidéos, je trouve difficile d’accepter qu’un parent puisse choisir de ne pas prémunir son enfant contre cette maladie. Parce-que c’est possible – et facilement : le vaccin DtaP protège de la coqueluche.

L’introduction du vaccin a réduit l’incidence de la coqueluche de 99 %, il est hautement efficace (98 % après la 5ème injection) et le vaccin n’a aucun effet secondaire sérieux. Aucun.

Les statistiques montrent l’efficacité du vaccin – cette maladie avait presque été éradiquée et avec elle son cortège de blessures (aux poumons notamment), de douleurs et de morts. Juste cette semaine, une nouvelle étude a mis en évidence de nouvelles preuves qui suggèrent un lien entre coqueluche et épilepsie : les enfants ayant eu la maladie ont deux fois plus de chances d’être plus tard diagnostiqués épileptiques.

Même si cela n’établit pas un lien de cause à effet direct, cela suggère qu’il pourrait y avoir des dommages plus conséquents dus à l’infection que ce que l’on pensait initialement. Une raison de plus pour se vacciner, et (encore) une raison de moins pour affirmer que l’immunité « naturelle » conférée par la maladie puisse être supérieure à celle du vaccin d’une quelconque façon.

Les naturopathes et les avocats des « médecines naturelles » se sont toujours opposés à la vaccination, la dénonçant comme « non naturelle » depuis que les vaccins existent. Benedict Lust, qui a introduit la naturopathie au Royaume-Uni, a déclaré son opposition au vaccin contre la variole en 1918, dans ses Directives Universelles de Naturopathie. Lust a introduit les concepts de base du système de croyance de la naturopathie : le naturel est meilleur, les vaccins ne sont pas naturels (et donc mauvais), ils nous empoisonnent (et donc nous devons nous « détoxifier ») et les naturopathes traitent les « racines des maux » ce que ne feraient pas les docteurs.

Ces concepts ne sont basés en fait sur rien. L’éradication de la variole, grâce aux vaccins, n’a eu aucun effet sur les pratiques des naturopathes. Et cela parce que c’est un système de croyances plutôt qu’une pratique basée sur la science. La naturopathie est fondée sur l’idée du vitalisme, une croyance pré-scientifique qu’un certain type « d’énergie magique » fait partie de toute chose vivante.

Cette idée a été réfutée en 1828 par Wöhler, cependant l’idée reste centrale dans la vision qu’à la naturopathie de la médecine : les naturopathes croient que les traitements restaurent cette « force vitale ».

La pratique a évolué à travers le temps en un mélange de pratiques plus ou moins sans fondements qui incluent l’homéopathie, l’acupuncture, la « détoxification » et l’herboristerie assaisonnés de quelques pratiques basés sur des preuves et « reconditionnés » en médecines alternatives.

Pour être clair, tous les naturopathes ne sont pas anti-vaccinalistes aujourd’hui mais des preuves démontrent que le sentiment reste très fort dans le mouvement. Plus longtemps les naturopathes restent dans leurs écoles, moins ils supportent l’idée de vaccin. Une étude sur des étudiants a montré que seulement 12.8 % d’entre eux étaient en faveur de calendrier vaccinal recommandé. Et un sondage auprès de praticiens (qui comprenait également des homéopathes) a révélé que la plupart ne recommandent pas la vaccination.

De plus, une étude sur les enfants enregistrés dans une clinique naturopathe de l’Ontario avait mis en évidence de près de 10 % d’entre eux n’étaient pas vaccinés. Et il y a un an, j’ai blogué à propos de la Présidente du Collège des Docteurs en Naturopathie d’Alberta, Allissa Gaul, qui refusait d’approuver la vaccination, alors même que sa province était en proie à une épidémie de rougeole et de coqueluche.

Alors que les naturopathes affirment être des fournisseurs de soins de base, leur hostilité continuelle envers la vaccination et leur usage persistant de thérapies non prouvées ou réfutées a levé des questions sur leur aptitude à fournir des soins basés sur les standards médicaux acceptés.

La question de la recherche d’une immunité « naturelle »

De précédents articles sur la naturopathie ont détaillés les conseils pseudo-scientifiques que donnent les naturopathes sur différents sujets. Voilà une situation unique où Dexter, une naturopathe, traite ses trois enfants : 6 ans 1/2, 3 ans 1/2 et 9 mois. La première a attraper la coqueluche fut sa plus grande fille.

Ma fille de six ans, Madilyn, a commencé à tousser. Rien de grave. Rien que je puisse jamais trouver inquiétant. Rien que quelques remèdes naturels et quelques câlins ne puissent effacer en quelques jours. Je veux dire éradiquer, nous avons fait les choses naturellement depuis pas loin de 6 ans, toujours avec succès à chaque fois.

14 Jours

La toux de Madilyn a progressivement empiré. J’ai décidé que je n’en faisais pas assez. Le régime que je lui ai prescrit n’était pas aussi précoce qu’il aurait pu l’être. Donc je l’ai intensifié.

  • Homéopathie : Aconit suivie de Spongia et de teintures d’herbes

  • Baies d’automne, Noix noire, Vitamine C, Zinc et Magnésium

  • Plusieurs mélanges d’herbes

  • Huile d’eucalyptus à boire ou en massage plusieurs fois par jour

Au commencement d’une maladie extrêmement infectieuse, Dexter a commencé par de l’homéopathie (des pilules de sucre), des vitamines, des huiles, et de médicaments à base de plantes – aucun d’entre eux n’ayant jamais fait la preuve d’une quelconque efficacité dans le traitement de la coqueluche.

Dans une mise à jour du billet, elle a ajouté « soin chiropratiques, probiotiques et nutrition optimale » à la liste ci-dessus. La chiropractie et les probiotiques n’ont aucune valeur non plus pour soigner cette maladie.

Aucune mesure n’a été prise pour s’assurer que les autres enfants soient vaccinés ou que sa fille soit isolée des autres enfants de la communauté. Et, comme on s’y attend avec quelque-chose d’aussi contagieux, son fils a attrapé l’infection après.

Lucien, mon fils de 3 ans, a commencé à tousser. Oui… il s’est avéré que c’était exactement la même toux que Madilyn a attrapé il y a à peu près trois semaines. A ce moment, sa toux commençait à me faire un peu peur. Elle se réveillait au milieu de la nuit, plusieurs fois par nuit, en toussant si fort que parfois elle vomissait sur son lit-mezzanine puis elle virait au violet avant de chercher sa respiration en haletant. C’est à ce moment que j’ai réalisé que ce n’était pas un coup de froid ordinaire. Il me fallait un deuxième avis… Une aide non parentale.

J’ai pris rendez-vous avec une de mes meilleures amies et collègue Sarah Mokma de Rooted Well, qui est également docteure naturopathe. J’ai quitté son bureau en me sentant confiante car une fois de plus je contrôlais la situation. J’ai sauté sur Amazon.com, passé commande et suis passé à notre magasin d’alicaments local pour acheter les remèdes naturels que je n’avais pas sous la main.

J’ai ajouté de nombreuses choses au traitement de Madilyn et Lucien :

  • Extrait de feuilles d’olivier, sirop de sureau, extrait Pau d’Arco

  • Thérapie par la lumière

  • Réflexologie

Nous avons aussi mis de grosses couvertures sous la tête de leur lit, pour qu’ils dorment avec une inclinaison de 45°. Ça permet aux poumons de se dégager et de respirer plus facilement.

(Le gras est ajouté par l’auteur du billet)

Donc, à 21 jours, avec maintenant deux enfants atteints, dont l’un virant au violet et haletant, la seule intervention fut plus de compléments et deux traitements inefficaces de plus : thérapie par la lumière et réflexologie. Toujours aucune référence ou recommandation médicale.

Après plus d’un mois, les enfants étaient toujours clairement en train de souffrir :

La toux de Lucien a suivi exactement la même évolution que celle de sa plus grande sœur. Après n’importe quel petit temps de course, jeu ou gymnastique (que nous faisions chaque semaine), Lucien finissait par tousser très très fort jusqu’à ce qu’il vomisse ou qu’il crache un globe de mucus. J’étais en fait choqué chaque semaine que nous ne nous fassions pas sortir ou renvoyer à la maison au milieu de ses sessions de gymnastique à tousser, faire du bruit et déranger. (NOTE : Il n’était plus contagieux à ce moment-là et de courir l’aider à expulser le mucus de ses poumons. C’ÉTAIT BON POUR LUI ! Du bon air et de l’exercice voilà les meilleures choses pour les bouts de chou malades).

Durant la nuit, Lucien toussait jusqu’à ce qu’il crache du mucus, en même temps qu’il criait et avait des accès de pleurs. Il était sincèrement terrorisé chaque fois qu’il se réveillait de son sommeil sans souffle. A ce moment, mon mari et moi étions maintenant réveillés toutes les 30-90 minutes pour nettoyer ou consoler l’un de nos deux enfants toussant, vomissant ou pleurant.

Cela en plus de la plus jeune, qui dormait avec nous et que j’allaitais, qui s’attendait à ce que je sois toujours présente avec elle. Elle se réveillait souvent au son de ses frère et sœur toussant, vomissant, pleurant et hurlant que ça arrivait toutes les nuits… tout le temps.

Et nous savions que ce n’était qu’une question de temps avant que Millie ne développe la même « chose ». Un truc était certain : la situation allait empirer.

Malgré qu’il soit malade de la coqueluche, Dexter a autorisé son fils a participer à une classe de gym. Si ils prennent des antibiotiques, les porteurs sont infectieux quelques jours, sans cela, ils peuvent transmettre l’infection pendant des semaines.

Donc il est possible que son fils ait toujours été infectieux, exposant peut-être la collectivité au risque de la maladie.

Et en dépit de ce qui ressemble à de l’apnée, Dexter n’a toujours pas eu recours aux soins médicaux, pas plus qu’elle ne voulait faire face aux faits objectifs :

Madilyn toussait depuis plus de deux mois. Nous ne dormions pas plus de deux heures depuis. UGGGHHH. Le sommeil, c’est pour les parents qui droguent probablement leurs enfants ou les enferment dans leur chambre. A quel point je désirais dormir plus de six heures d’affilées juste pour une seule nuit, cela aurait été miraculeux. Le terme « mort-vivant » qualifiait très bien celle que j’étais devenue.

C’est à cette époque, la première semaine de Décembre, que mon mari Scott m’a fait asseoir, m’a regardé dans les yeux et m’a dit « Je te fais confiance mais j’ai peur que l’un de nos enfants ne meurre. Tu sais que ça n’est qu’une question de temps avant que Millie n’attrape ce qu’ont Lucien et Madilyn, quoi que ce soit. Elle n’a que 9 mois, ça va être mauvais, Heather. Je crois que nous devrions aller à l’hôpital. Qu’est ce que tu en penses ? »

Une partie de moi s’est sentie blessée et incomprise, sans soutien et prête à exploser… c’était la partie exténuée de moi. J’ai pris une grande inspiration et regardé de l’avant, réfléchissant avant de parler. Je savais qu’il était et avait toujours été le rationnel de nous deux. Je réagis émotionnellement, instinctivement, souvent bien avant que mon esprit se soit complètement connecté avec mes mots. Ma vérité semble jaillir facilement de ma bouche, de nombreuses fois sans douceur… juste de la pure honnêteté aveugle.

Cependant, j’ai appris que ma vérité ne fait pas partie de toute l’humanité. Chaque personne est guidée par ses croyances, sa logique ou son entraînement.

Le moi logique a répondu « je suis toujours confiante dans le fait que nous allons franchir un cap à tout moment maintenant. Je voudrais prendre rendez-vous avec mon Docteur Naturopathique de Mt Pleasant et voir ce que je rate. Cela doit être une maladie qui doit être soignée par couches parce-qu’elle mute rapidement.

Je ne suis certainement pas intéressée par des antibiotiques, des rayons X, une série de traitements respiratoires stéroïdiens ou un vaccin, parce que c’est tout ce que l’hôpital aura à nous proposer. Je suis certaine que leur système immunitaire ont été fait pour surmonter cela, il faut juste que je trouve ce que c’est. Madilyn va manifestement mieux, tu ne peux pas le nier. Je sais que les deux autres peuvent et vont réussir à faire de même, c’est juste un processus très lent du au manque d’expérience, ou d’entraînement, de leur système immunitaire. Ils n’ont encore jamais été malade de leur vie, bébé ! C’est leur moment d’être stimulé immunitairement.

Dexter illustre son inébranlable adhérence au système de croyance naturopathe, même lorsqu’elle fait face aux plaintes de son mari. Les pratiques et les observations non compatibles avec sa philosophie continuaient d’être rejetées et elle rationnalisait à la place. Elle aurait du reconnaître que des soins médicaux étaient nécessaires. Au lieu de cela, elle a cherché des biais de confirmation sous la forme de conseils d’un autre naturopathe :

La docteure Amy a passé environ 30 minutes avec chacun des enfants et a mis en place un programme très rigoureux et intensifié de traitements supplémentaires à ajourer à ceux qu’ils avaient déjà. Nous avons continué la plupart de ce que je faisais déjà et ajouté quelques choses :

  • Ravensara, Oliban, Camomille allemande

  • Infusions de plantes

  • Plusieurs probiotiques

  • Des lavements.

Oui, j’ai injecté des choses dans leur derrière. Il s’avère que le meilleur moyen pour nettoyer les poumons c’est à travers le rectum… Des lavements.

Ses ajouts faisaient que je devais littéralement doser des compléments, appliquer des huiles essentielles ou administrer un lavement à un de mes enfants toutes les trois heures tout au long de la journée. J’ai annulé tout ce que j’avais prévu pour au moins quatre semaines (la semaine d’avant Noël, celle de Noël, celle du Nouvel-an et la première semaine de Janvier) en me concentrant uniquement sur le bien être de mes enfants.

Nous avons ici un autre aspect de la naturopathie qui s’enracine profondément dans une pratique qui apparaît encore dans les thérapies aujourd’hui : l’idée d’auto-intoxication, traitée par des lavements qui « détoxifient » le corps. Il n’y a aucune justification médicale à administrer un lavement à un enfant souffrant de la coqueluche, pas plus que pour la liste toujours plus longue de plantes et de compléments alimentaires.

Aucun des traitements recommandés par la seconde naturopathe n’avait de valeur médical. Et il n’a toujours pas été question de faire appel à un médecin.

Le billet décrit ensuite comment le propre père de Dexter, un vétérinaire, l’a encouragé à recourir à de vrais soins médicaux – un conseil qu’elle a rejeté. Cette section fut plus tard retirée.

A cette époque, j’ai eu une discussion très sévère avec mon père. Il est vétérinaire depuis près de 40 ans. Alors qu’il tenait Millie dans ses bras, il m’a dit « Heather, il y a un temps et un endroit pour chaque chose et le temps de recourir aux antibiotiques est maintenant. C’est peut être ta fierté qui t’aveugle. Je t’ai vu tout au long de ses années soigner des choses dont je n’aurais pas pensé que ce soit possible avec des remèdes naturels. Je ne croirais pas à certaines histoires si je ne les avais pas vues de mes yeux. Cependant, j’ai aussi vu la médecine sauver de nombreuses vies au long de ses années. Je ne supporterais pas de te voir faire de mauvais choix aux dépends de tes enfants ».

SAINTE MERDE… Quoi ? Est ce qu’il croyait vraiment que je restais assise là sans rien faire ? Est ce qu’il ne pouvait pas voir que je faisais tout ce qu’il était possible de faire pour que ça marche et les soigner naturellement ? Mon cœur a lâché. Des larmes ont coulé sur mes joues. J’ai attrapé mon bébé, je lui ai tourné le dos et je suis parti. Est ce que je savais ce que je faisais ? Est ce que j’étais allé trop loin ? Je suis allé dans la chambre pour la changer puis aller dormir.

J’ai appelé mon mentor (et le fondateur de mon école de Naturopathie) pour avoir encore un autre point de vue. Elle n’avait que de bonnes choses à me dire. Elle m’a redonné le moral une fois de plus. C’est tout ce dont j’avais besoin pour tenir bon pendant les vacances.

Encore plus de biais de confirmation par des amis naturopathes, et un rejet continu de tout ce qui n’entre pas dans le système de croyance.

Et le cauchemar continue :

Vers mi-janvier, Madilyn allait mieux. Lucien était en train de passer un cap, vers le mieux. Il ne toussait plus que modérément la journée et ne se réveillait plus que quelques fois la nuit. Mais la respiration de Millie en était arrivée au point effrayant.

Elle toussait maintenant jusqu’à en vomir, devenant souvent violette dans ces moments. C’était suivi de pleurs, ce qui faisait se répéter le processus souvent jusqu’à ce qu’elle s’endorme à cause de son total épuisement.

Heureusement, en fait, ses enfants semblent être en voie de rémission. Mais en dépit de ces horreurs évitables, Dexter ne montre toujours aucun signe de lucidité ou d’introspection.

Nous l’avons fait uniquement à l’aide de remèdes naturels. En ne cherchant aucune aide médicale. On l’a fait. Mes enfants ont développé une VRAIE immunité RÉELLE après avoir été exposé à cette bactérie [sic] et l’avoir combattu naturellement. Cela a été mon plus grand combat jusqu’ici en tant que mère. Cette mère a vaincu. Je vous encourage à prendre le temps d’écouter cette immunologue et son discours sur l’importance de l‘Immunité Active contre l’Immunité Passive.

Dexter voit tout cela comme une victoire plutôt que comme un film d’horreur. Ses priorités semblent être de prouver que sa vision naturopathique de la réalité était la bonne – même si cela signifie mettre en danger la santé de ses propres enfants.

Cependant, au final, elle n’a absolument rien gagné : l’immunité naturellement acquise n’est ni supérieure ni même plus durable – pour la coqueluche, l’immunité a une courte durée de vie et disparaît en quelques années. Elle n’est pas plus « réelle » que celle prodiguée par la vaccination. Oui, cette dernière va disparaître aussi, mais vous n’avez pas besoin d’endurer cette infection, ni le risque de séquelles permanentes, voire de décès, pour l’obtenir. Vous avez simplement besoin d’être vaccinée.

Dexter continue son billet en faisant l’apologie de la vision naturopathique. Elle décrit les « créations médicales » comme des « expérimentations sur votre famille », et continue à recommander une longue liste de compléments (et de lavements) pour traiter la maladie, tout en lisant ce qu’elle voit comme des atteintes à la santé des gens, comme les vaccins ou les antibiotiques.

Est ce qu’elle ferait quoi que ce soit de différent si c’ était à refaire ? On ne dirait pas :

Honnêtement, si j’avais su dès le premier jour que c’était la coqueluche, j’aurais tout simplement commencé à asséner les remèdes dont je sais maintenant qu’ils marchent le mieux pour combattre la bactérie et stimuler le système immunitaire.

J’aurais pris rendez-vous tout de suite avec mon Docteur Naturopathe et j’aurais commencé également tout ce qu’elle m’a suggéré. Je suis très heureuse d’avoir tenu bon, d’avoir fait confiance et gardé foi en la Naturopathie. Je suis ravie que les antibiotiques n’aient jamais été « nécessaires » et que les trois petits aient été capables de se construire une vraie immunité à la coqueluche.

Le standard de la Naturopathie est l’homéopathie

Arrivé à ce point, il doit sembler évident qu’il n’y a jamais eu reconnaissance du fait (que ce soit par Dexter ou par ses collègues) qu’à aucun moment ils ne savaient ce qu’ils faisaient. Dexter admet même que son mari a diagnostiqué la coqueluche avant elle – elle rfusait d’accpeter la réalité objective de la situation.

Les naturopathes jouaient au docteur sans aucune connaissance médicale ou projet clair de traitement. Comme c’est commun chez eux, ils bricolaient au fur et à mesure. Si les compléments ne fonctionnent pas, essayez les huiles essentiels, ou les probiotiques, ou la chiropractie ou la réflexologie. Et tous ces traitements partagent un point commun : ils sont tous inefficaces pour soigner la coqueluche.

En ne comprenant pas les limites de la naturopathie et les bénéfices de la vraie médecine, Dexter (et tous les autres pseudo-médecins impliqués) ont échoué à évaluer rationnellement la situation pour s’en référer à des autorités compétentes. En échouant en cela, ils ont mis en danger ces enfants et l’immunité de groupe de la collectivité.

Mais les faits objectifs ne semblent pas importer. Les « faits » de Dexter sont basés sur sa philosophie – nulle part ce ne fut exprimé plus clairement dans une déclaration franchement totalement hallucinante de la part de quelqu’un affirmant être médecin :

Je réagis émotionnellement, instinctivement, souvent bien avant que mon esprit se soit complètement connecté avec mes mots. Ma vérité semble jaillir facilement de ma bouche, de nombreuses fois sans douceur… juste de la pure honnêteté aveugle.

Cependant, j’ai appris que ma vérité ne fait pas partie de toute l’humanité. Chaque personne est guidée par ses croyances, sa logique ou son entraînement.

Si le fait que votre enfant est à court de souffle, vomissant et virant au violet à cause de la privation d’oxygène ne vous indique pas que quelque-chose ne va pas, alors je ne sais honnêtement pas ce qui peut le faire. Si il y a le moindre standard de soin qu’on attendrait des naturopathes, il était aussi absent qu’un vrai médicament l’était des granulés homéopathiques dont Dexter pensait qu’ils étaient appropriés.

La coqueluche est terrifiante, mais évitable.

L’opposition aux vaccins est inscrite dans la philosophie naturopathique et dans sa « médecine ». Nuelle part cela n’aura été mieux démontré que dans ce triste cas, où « l’immunité naturelle » s’est avérée être plus important que des soins médicaux.

Je n’ai aucun doute que Dexter se soucie très profondément de la santé de ses enfants. Mais toutes les souffrances qu’ils ont enduré étaient totalement évitables, pour autant qu’ils aient été vaccinés.

Plus encore, si elle avait réagi rapidement, elle aurait pu limiter l’infection à sa plus grande fille, réduisant ses douleurs et les risques très réels que couraient ses autres enfants. Mais au lieu de cela, ils ont tous été contaminés. Et dans quel but ? Je dois avouer que je suis incapable de comprendre ça.

Écrire cet article m’a laissé frustré et triste pour ces trois petits enfants à qui on a refusé une chance d’éviter cette affreuse maladie et des mois de souffrances.

J’imagine que cela illustre simplement à quel point certains sont fortement attachés à la vision naturopathique. Une de celle où l’adhérence à une philosophie pré-scientifique semble être plus importante que la souffrance manifeste de vos propres enfants.

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19 commentaires sur “La réalité des médecines alternatives : coqueluche et naturopathie

  1. Gouflax
    18 novembre 2015

    Pour l’amour du ciel, dites moi que c’est une blague !
    Ce genre de personne, j’ai envie de plonger dans mon ordinateur, parcourir le réseau électrique pour parvenir jusqu’à chez elle et lui coller une raclée qui ferait passer Polpot pour un bisounours (je sais que ça servirait à rien pour la raisonner, mais ce serait bon pour mes nerfs).
    J’ai rarement été aussi enervé en lisant un article sur internet.
    Maintenant je suis obligé de prendre des granules Nux Vomica 6CH pour me calmer. Bravo !

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    • Maeelk
      18 novembre 2015

      Vous devriez vous faire rééquilibrer l’aura, vos chakras on l’ait tous fermés. Ou peut-être un petit lavement ?

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      • Gouflax
        20 novembre 2015

        Va pour le lavement au café (mais avec du déca sinon je dors pas ^^).
        Je pense que ce passage résume à lui seule l’état d’esprit de cette personne : « J’ai quitté son bureau en me sentant confiante car une fois de plus je contrôlais la situation. »
        J’ai déjà vu le commentaire d’une personne qui était revenu des médecines alternatives et qui déclarait la même chose : qu’elle a été attiré car ça lui donnait l’illusion d’avoir le contrôle sur quelque chose.

        La relation qu’elle entretien avec son amie naturopathe me rappelle le comportement sectaire, à savoir une dépendance du sujet à un individu, et une coupure/méfiance par rapport au reste. C’est mon sentiment, mais je ne sais pas si ça peut vraiment être qualifié comme tel.

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  2. vero
    18 novembre 2015

    effarant !
    je trouve pas d’autres mots.
    hs, mais je suis curieuse de savoir les raisons de Britt Hermes de ne plus être naturopathe.

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  3. Riri
    18 novembre 2015

    Des témoignages comme ça me donnent envie d’enfourner des litres d’huiles essentielles et de granulés homeopathiques dans le fion de ces fils de putes irresponsables. Qu’ils crèvent avec leurs conneries mais n’infligent pas la souffrance aux autres. Il y a clairement des gens qu’on devrait castrer et interdire de se reproduire. Quel aveuglement de la part de ces adeptes de « medecines » alternatives. Je me demande ce qu’elle aurait pensé de ses 3 enfants morts dans ses bras, ayant vomi du sang suite à sa maltraitance. Ca me rend fou :@

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    • Saesang
      25 avril 2016

      Je ressens point par point la même chose que vous à lire cela! D’autant plus que j’ai 3 enfants des mêmes âges à peu près. Je n’aurais pas supporté une seconde de les voir comme ça. C’est révoltant !

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  4. G
    20 novembre 2015

    Wow. On devrait retirer la garde à cette mère et à son père pas capable de voir le danger encouru par leurs gosses. Ca va être quoi après ? Tétanos ?
    « On soigne le tétanos avec de la poudre de merlinpinpin, un zeste de citron, un masque à la cannelle (cc Enjoy), de la verveine, et un 0.1 gramme de chapeau blanc »
    Je veux bien reconnaître la vertu de ce genre de thérapie pour des maux bénins, déjà pour leur effet placebo, puis ensuite pour leurs quelques effets connues positifs.
    Mais il y a des limites à tout. Croire que c’est à force de fouetter le chaudron qu’il deviendras chaud, c’est de la connerie, même pas de la pseudo-science populaire de grand-mère.

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    • Maeelk
      4 décembre 2015

      A ma connaissance, des procédures judiciaires ont été entamées mais n’ont pas encore abouti… C’est le gros problèmes des anti-vax, il est plus facile de se convaincre que toutes ces maladies ne sont pas grave plutôt que de reconnaître qu’il font courir un risque à leurs enfants.

      Rationalisation, quand tu nous tiens.. :-/

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  5. Lucas
    30 novembre 2015

    Vous savez si quelqu’un a porté plainte pour maltraitance et mise en danger ? Avec de tels aveux sur son blog elle devrait pouvoir être condamné facilement non ?
    Ce serait en France je me porterais partie civile avec joie.

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  6. Béné
    30 novembre 2015

    Au risque de me faire fustiger j’aimerais souligner que tous les naturopathes ne sont pas insensibles aux souffrances physiques et émotionnelles de leurs clients et de leur famille.
    En tant que future naturopathe je suis en total désaccord avec la méthode employée par cette naturo pour venir à bout de la coqueluche et de ne pas avoir agit pour protéger ses autres enfants de la contagion. Ayant moi même eu la coqueluche je sais à quel point cette maladie est épuisante physiquement et moralement car on n’en voit jamais le bout.
    Cela dit un médecin n’aurait pas fait mieux pour soigner son premier enfant contaminé car dans ce cas les antibiotiques ne sont pas efficaces à moins de commencer le traitement dans la semaine.a part soulager son enfant elle ne pouvait pas faire grand chose. Par contre elle aurait pu aider les autres en les vaccinant car le risque de contagion était réel.
    Si la naturopathie est rarement en faveur des vaccins il y a des cas où c’est totalement justifié.
    Tout n’est pas à jeter dans la médecine comme dans la naturopathie, il faut juste assez de clairvoyance pour savoir quand faire appel à l’un ou l’autre.

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    • Lucas
      1 décembre 2015

      Où est le problème de commencer le traitement dans la semaine ?

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      • Béné
        1 décembre 2015

        Selon le médecin que j’ai consulté à l’époque le germe peut être « tué » dans la première semaine, après les traitements antibios ne seraient plus efficaces. De plus cela ne modifie pas l’évolution de la maladie une fois contractée, en gros il faut juste attendre que ça passe.
        C’est une maladie assez impressionnante car les quintes de toux sont assez violentes et très nombreuses…
        Je pense que cette dame voulait bien faire mais était à mon sens « jusque boutiste » et cela n’a bénéficié ni à ses enfants ni à la naturopathie dont l’un des principes fondamentaux est de ne pas nuire.

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    • Maeelk
      4 décembre 2015

      Je ne comprends pas bien ce qu’il y a à garder dans la naturopathie en ce qui me concerne.

      Les formations en pseudo-médecines ont généralement pour effet de donner aux gens une fausse idée de leurs compétences et vont les pousser à retarder la prise en charge des malades.

      Mais plus encore que le fait de n’avoir pas pu soigner efficacement (en effet, on ne sait pas soigner la coqueluche), c’est l’accumulation de techniques invasives et la mise en danger de ses autres enfants (et de ceux des gens l’ayant côtoyée) qui doit choquer.

      Et il faut bien souligner qu’elle ne fait que suivre les directives de sa pratique, vous dites que  » si la naturopathie est rarement en faveur des vaccins il y a des cas où c’est totalement justifié », doit-on en conclure que la naturopathie est en faveur des maladies sauf dans les cas qui vous choque ?

      Quelle maladie est acceptable selon vous ? Une petite polio bénigne ? Une rougeole méningée pas grave ? Un tétanos de rien du tout ? Une fièvre jaune gentillette ? Une diphtérie inoffensive ?

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  7. Pierre Gillier
    2 décembre 2015

    Votre article est plutôt bon, mais son titre est inacceptable. Prendre le cas d’une extrémiste pour tirer sur les médecines alternatives n’est franchement pas correct.

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    • Deeggs
      2 décembre 2015

      Si les partisans des « médecines » alternatives n’étaient pas extrémistes, ils accepteraient la remise en question et abandonneraient toute prétention médicale pour se concentrer sur l’accompagnement. Ce qu’ils ne font pas.

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    • Maeelk
      4 décembre 2015

      En fait les médecines « alternatives » ça n’existe de toutes façons pas : soit une technique fait la preuve de son efficacité et entre dans le champs de la médecine tout court, soit ce n’est pas le cas et ça devient (ça reste) de la foutaise.

      Non ? 😉

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      • phimbac
        24 décembre 2015

        Risquer de perdre le contact avec les sujets fragiles par des manoeuvres autoritaires ou vexatoires risque également de mener à des résultats néfastes. Je suis d’accord avec vous, mais ce n’est pas demain matin que l’envie de croire sera bridée en appuyant sur un bouton. Certains médecins collaborent avec des naturopathes et autres -pathes, non par faiblesse d’esprit irrationnelle, mais afin d’avoir au moins accès à l’élément clé – le disgnostic et l’orientation du patient : préoccupant/grave? => médical, bobologie/affectif => ce qu’on juge acceptable selon la « sensibilité » du patient. Certains préfèrent des massages aux huiles ou de belles histoires à des pilules placebo ou à des cures de jouvance sur deniers publics, bon, si on est sûr qu’un minimum de déontologie (emprise, durée de pratique, prix, méthodes non dégradantes, etc.) est respecté…
        Le vrai problème survient dans ces cas où une affection grave est détectée et non traitée, et je suis d’accord, dans le cas des vaccins infantiles aux bénéfices/risques encore largement valables, difficile de « négocier » avec certains éléments endurcis après la pédagogie d’usage. La juridiction appropriée doit en faire son affaire avec célérité.

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Cette entrée a été publiée le 14 novembre 2015 par dans Intermédiaire, et est taguée , , .
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