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"Faut pas croire tout ce qu'on voit sur le web" – Einstein

12 biais cognitifs qui vous pourrissent la vie au quotidien

Le cerveau humain est capable de réaliser 10^16 opérations par seconde , ce qui en fait – de loin – le plus puissant des ordinateurs actuellement existants. Mais cela ne veut pas dire que notre cerveau n’a pas de grosses limites.

Le plus lent des ordinateurs peut faire des maths des centaines de fois plus efficacement que nous, et notre mémoire est souvent rien moins qu’inutile… et surtout, nous sommes la proie de biais cognitifs. Ces ennuyeux petits bugs dans notre pensée qui nous font prendre des décisions douteuses et atteindre des conclusions erronées.

Voici une douzaine parmi les plus communs et les plus pernicieux biais cognitifs dont vous devriez vous méfier.

Avant de commencer, il est important de faire la distinction entre biais cognitifs et logique fallacieuse/erronée/trompeuse. Une logique fallacieuse est une erreur dans une argumentation logique (par exemple une argumentation ad hominem, l’argument de la pente glissante, un argument circulaire, l’appel à l’ignorance, etc).

Un biais cognitif, d’un autre coté, est une véritable défectuosité (ou limitation) dans la façon dont nous pensons : une faille dans notre jugement qui naît d’erreurs de mémorisation, de stéréotypes ou d’erreurs de calculs (comme des erreurs statistiques ou une mauvaise appréhension des probabilités).

Certains psychologues sociaux pensent que nos biais cognitifs nous aident à traiter l’information plus efficacement, notamment dans le cas de situations dangereuses. Et partant de là, elles nous amènent à faire de graves erreurs.

Nous pouvons être sujets à de tels erreurs de raisonnement, mais au moins, nous sommes capables d’en être conscient si on les connaît.

En voici quelques uns à garder à l’esprit.

NDT  : il existes des dizaines de biais cognitifs, cette sélection n’est en aucun cas un « top » et encore moins une liste exhaustive mais une invitation à se renseigner sur le sujet.
Il importe également de bien garder à l’esprit qu’il est toujours plus facile de repérer un biais chez les autres que chez soi-même, cf « Le biais au sein du biais » sur ce blog

Le biais de confirmation :

Nous aimons être d’accord avec les gens qui sont d’accord avec nous. C’est pourquoi nous ne visitons que les sites web qui sont d’accord avec nos opinions politiques ou pourquoi nous sortons généralement en soirée avec des gens qui partagent nos goûts et nos visions du monde.

On tend à moins aller vers les gens, groupes et sources d’informations qui nous font nous sentir mal à l’aise en malmenant nos points de vue – ce que le psychologue Festinger appelle la dissonance cognitive.

Et c’est notre inclinaison à agir de la sorte qui mène au biais de confirmation : la façon – souvent inconsciente – que nous avons de ne nous souvenir que des perspectives qui nourrissent nos avis pré-existants et, dans le même temps, à ignorer (ou rabaisser) celles qui les menacent (peu importe qu’elles soient valides ou pas).

Et, paradoxalement, Internet n’a fait qu’aggraver cette tendance.

Le biais d’endogroupe :

En quelque sorte similaire au biais de confirmation, le biais d’endogroupe est une manifestation de notre tendance innée au tribalisme (NDT : l’endogroupe se définit en psychologie sociale comme  »le groupe auquel appartient l’individu  »).

Et, étrangement, une bonne partie de cet effet semble avoir à voir avec l’ocytocine – aussi appelée la « molécule de l’amour ».

Ce neurotransmetteur, alors qu’il nous aide à forger des liens plus forts et plus étroits avec les personnes appartenant à nos endogroupes, produit un effet exactement opposé à l’encontre de ceux qui n’en font pas partie. Il nous rend suspicieux, craintif et même dédaigneux.

Au final, le biais d’endogroupe nous fait surestimer les valeurs et capacités de nos proches, aux dépend des personnes que nous ne connaissons pas vraiment.

Le biais du parieur :

On appelle cela un biais mais il s’agit plutôt d’un bug dans notre façon de penser : nous avons tendance à accorder un poids trop important aux événement passés, en croyant qu’ils vont, en quelque sorte, influencer les résultats futurs.

L’exemple classique est le pile ou face : après avoir fait face disons 5 fois de suite, nous allons avoir tendance à penser qu’il y a plus de chances pour que le prochain tirage soit un pile – que le sort est maintenant « moins en faveur » d’un nouveau face.

Mais en réalité, les chances sont toujours de 50/50. Comme le disent les statisticiens, les résultats de chaque tirage sont statistiquement indépendants et la probabilité de l’un ou l’autre résultats est toujours d’un sur deux.

On ajoute souvent à cela, le biais d’attente positive – qui renforce souvent l’addiction au jeu. C’est le sentiment que notre chance va forcément tourner et que la bonne fortune est déjà en route.

Cela contribue aussi à l’illusion de la « bonne main », et c’est le même processus que nous avons lorsque nous entamons une nouvelle relation en nous disant qu’elle sera sûrement meilleure que les précédentes.

La rationalisation post-achat :

Vous vous rappelez la fois où vous avez acheté quelque-chose de totalement superflu, défectueux ou bien trop cher pour ce que c’était et que vous avez ensuite rationalisé cet achat à un point tel que vous vous êtes convaincu vous-même que c’était une bonne idée depuis le début ?

Oui, c’est la rationalisation post-achat en action : un genre de mécanisme livré en série qui nous fait nous sentir mieux après avoir pris des décisions pourries, et spécialement lorsque c’est le cas devant la caisse.

Également connu comme le Syndrome de Stockholm de l’Acheteur, c’est une façon de justifier inconsciemment son achat – notamment les plus chers.

Les psychologues sociaux disent qu’il s’enracine dans le principe d’engagement, notre désir psychologique de rester constant et d’éviter un état de dissonance cognitive.

La négligence des probabilités :

Bien peu d’entre nous ont un problème avec le fait de prendre sa voiture pour aller faire un tour, mais nous sommes nombreux à redouter de monter dans un avion pour grimper à 9.000 mètres.

Voler, d’une manière assez évidente, est quelque-chose d’assez peu naturel pour l’homme et qui semble relativement risqué.

Cependant, nous savons quasiment tous que la probabilité d’avoir un accident mortel en voiture est considérablement supérieure à celle de mourir dans un crash – mais notre cerveau ne va pas vous laisser vous en tirer si facilement avec cet argument à la logique pourtant claire (statistiquement, un américain a 1 chance sur 84 de décéder dans un accident de voiture et 1 sur 5.000 dans un accident d’avion – d’autres sources donnent même 1 sur 20.000).

C’est le même phénomène qui nous fait avoir bien plus peur de succomber à une attaque terroriste plutôt que d’autres causes bien plus probables comme un empoisonnement accidentel ou tomber dans les escaliers.

C’est ce que Cass Sunstein appelle la négligence des probabilités : notre inaptitude à évaluer correctement les risques et péril qui nous pousse à sur-évaluer le danger d’activités plutôt inoffensives tandis qu’elle nous fait sous-évaluer les périls d’autres qui le sont bien plus.

Le biais de sélection observationnel :

C’est lorsqu’on se met soudain à remarquer des choses que l’on ne notait pas plus que ça avant – et nous supposons de manière erronée que c’est parce que la fréquence de cette chose a augmenté.

Un des meilleurs exemples est ce qui arrive quand on achète une nouvelle voiture et que l’on se met inexplicablement à voir la même voiture absolument partout. Un effet similaire se produit avec les femmes enceintes qui remarquent tout à coup toutes les femmes enceintes qui les entourent.

Et cela peut être un mot, un nombre ou une chanson.

Ce n’est pas que ces choses apparaissent plus fréquemment, c’est que nous avons (pour une raison quelconque) sélectionné cet objet dans notre esprit et que nous y faisons plus attention.

Le problème est que la plupart des gens ne reconnaissent pas cela comme un biais d’observation et se mettent à croire que ces choses arrivent vraiment plus souvent – ce qui peut être assez déconcertant.

C’est également un biais cognitif qui contribue au sentiment que l’apparition de certains événements ne peut pas être une coïncidence (même si c’en est en fait une).

Le biais du statu quo :

En tant qu’humain, nous ressentons souvent de l’appréhension face au changement, ce qui nous mène à faire des choix qui garantissent que les choses restent les mêmes, ou changent aussi peu que possible.

Inutile de préciser que ce biais se ramifie partout, de la politique à l’économie et une des choses les plus pernicieuses dans ce biais est la supposition injustifiée qu’un autre choix serait moins rentable ou ferait empirer les choses.

Le biais du statu quo peut être résumé avec la maxime « si ça n’est pas cassé, ne le réparez pas » – un adage qui nourrit nos tendances conservatrices.

Et en fait, certains commentateurs pensent que c’est la raison pour laquelle les États-unis n’ont pas été capables de mettre en place un système universel de protection sociale en dépit du fait que la plupart des gens supportent l’idée de cette réforme.

NDT : à noter que ce bien s’applique à tout ce qui touche à l’organisation de notre quotidien et à nos habitudes, mais pas aux objets matériels eux-même.

Le biais de négativité

Les gens font plus attention aux mauvaises nouvelles qu’aux bonnes – et ce n’est pas seulement parce-que nous sommes morbides. Les chercheurs en sociologie théorisent que c’est à mettre sur le compte de notre attention sélective et que, lorsqu’on nous propose un choix, nous percevons les choses négatives comme plus importantes ou significatives que les positives.

Nous avons aussi tendance à accorder plus de crédibilité aux mauvaises nouvelles, peut-être parce-que nous sommes soupçonneux (ou ennuyés) par les publications positives.

Sur un plan évolutif, privilégier les mauvaises nouvelles pourrait apporter un avantage adaptatif plus important encore que d’ignorer les bonnes nouvelles (par exemple, entre « les tigres à dents de sabres ont l’air plutôt pas sympa » et « les myrtilles se marient bien avec le miel » quelle est selon vous l’information la plus vitale à retenir ?).

Aujourd’hui, nous courons le risque de rester négatif en restant sourds aux vraies bonnes nouvelles. Steven Pinker, dans son livre « Les meilleurs aspects de notre nature : pourquoi la violence a décliné« , montre que le crime, la violence, la guerre et d’autres formes d’injustices sont en déclin constant. Et cependant la plupart des gens prétendraient plutôt que les choses vont de mal en pis – ce qui est un parfait exemple du biais de négativité au travail.

L’effet « foule »

Même si nous n’en sommes généralement pas conscients, nous aimons aller dans le sens de la foule. Quand les masses commencent à choisir un vainqueur ou un favori, nos cerveaux individualisés commencent à s’éteindre et entrent dans un genre de « pensée collective », voire d’esprit de ruche.

Mais ça n’a pas besoin d’être une très grande foule ou la lubie d’un pays entier; il peut s’agir d’un petit ensemble, comme une famille ou même un petit groupe de collègues de bureau.

L’effet foule est souvent ce qui conduit les comportements, les normes sociales et les mèmes à se propager au sein de groupes d’individus – et ce quels que soient les preuves ou les motivations les soutenant.

Voilà pourquoi les sondages d’options sont souvent diabolisés : ils peuvent modifier les perspectives des gens en fonction de ce qu’ils disent.

La majeure partie de ce biais serait due à notre désir inné de nous intégrer en nous conformant à la norme, comme cela a été si bien démontré par la célèbre expérience de Solomon Ash sur la conformité.

Le biais de projection

En tant qu’individus bloqués dans notre propre tête 24h/24 et 7 jours/7, il nous est souvent difficile de nous projeter en dehors des liens de notre propre conscience et de nos préférences. Nous avons tendance à supposer que la plupart des gens pensent comme nous — même si il n’y a pas de réelle justification pour ça.

Ce raccourci cognitif mène souvent à un effet collatéral appelé le biais du faux consensus où l’on tend à croire que non seulement les gens pensent comme nous, mais sont en plus d’accord avec ce que nous pensons.

C’est un biais qui nous fait surestimer notre typicité et notre normalité et supposer qu’un consensus existe sur des sujets où il n’y en a en fait peut-être pas.

De plus, ce biais peut aussi créer des situations où un groupe de radicaux à la marge vont supposer que nombre de personnes à l’extérieur de ce groupe d’accord avec leurs positions est bien plus grand qu’il ne l’est en réalité, ou dans la confiance exagérée que l’on peut avoir lorsqu’on prédit le gagnant d’une élection ou d’un match de sport.

Le biais du moment présent

Nous, les humains, avons beaucoup de mal à nous projeter dans l’avenir et à modifier nos attentes et comportements en conséquence. La plupart d’entre nous va préférer garder le plaisir pour le présent tout en laissant les choses pénibles pour plus tard.

C’est un biais qui est particulièrement problématique pour les économistes (notamment du fait de notre réticence à économiser tout en ne dépensant pas trop) et les praticiens de la santé.

Ainsi, une étude de 1998 a montré que, lorsqu’ils choisissaient leurs courses pour la semaine à venir, 74% des participants achetaient des fruits, alors qu’ils étaient 70% à choisir du chocolat si les courses étaient pour le jour même.

Le biais d’ancrage

Également connu comme le  »piège à relativité » c’est la tendance que nous avons à comparer et mettre en rapport seulement un petit nombre d’items lors d’un choix. On l’appelle effet d’ancrage car nous avons tendance à nous fixer sur une valeur (ou un prix) qui va ensuite être comparée à tout le reste.

Un exemple classique : lorsqu’un objet est en solde dans un magasin, nous préférons voir le gain issu de la différence avec le prix initial plutôt qu’à la somme finale. C’est pourquoi certains restaurants présentent des entrées hors de prix suivis de plats principaux dont le prix est (apparemment) bien plus raisonnable.

Et c’est aussi pourquoi, lorsqu’on nous donne un choix à faire, nous avons tendance à prendre l’option du milieu : ni trop ni pas assez cher.

Traduit de : The 12 cognitive biases that prevent you from being rational

NDT : le sujet des biais cognitifs est bien trop vaste pour être traité en un seul article, pour aller un peu plus loin, l’équipe de PodcastScience a déjà traité le sujet ici et les deux vidéos ci-dessous vous en apprendront certainement beaucoup sur le sujet… et sur vous-même !

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25 commentaires sur “12 biais cognitifs qui vous pourrissent la vie au quotidien

  1. GAUTHIER Richard
    18 septembre 2015

    Excellent article! Prenez note que le mot Internet prend toujours un I majuscule. 🙂

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  2. Lunesoleil
    20 septembre 2015

    Et di(r)e ?
    3ème ligne

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  3. 20 septembre 2015

    Bonjour, merci pour cet article intéressant. Un problème toutefois : dans le biais du moment présent les stats ne veulent rien dire. On peut avoir une situation où 70% achète du chocolat en même temps que 74% achète des fruits. Problème de traduction ?

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    • Maeelk
      20 septembre 2015

      Hello, non non simplement dans l’étude c’était l’un ou l’autre (« choices between healthy and unhealthy snacks »).

      Fromage OU dessert comme on dit chez moi. 😉

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  4. Stich Lesage
    20 septembre 2015

    Très intéressant, merci à la tronche en biais de m’avoir fait découvrir votre superbe blog !

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  5. Stich Lesage
    20 septembre 2015

    Très intéressant, merci à la tronche en biais de m’avoir fait découvert votre superbe blog !

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    • Stich Lesage
      20 septembre 2015

      Dèsolé du doublon

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  6. Gouflax
    21 septembre 2015

    Le biais de négligence des probabilité me fait tout de suite penser à la position des anti-vaccins. Je pense qu’ils ont un tel biais en eux car la seringue est palpable par les sens (vision, touché, etc) et peut laisser penser que le risque est plus grand car en apparence plus « proche/immédiat », alors qu’il n’en est rien.

    Je me dis qu’il faudrait inventer un moyen de colorer les bactéries et virus responsables de maladies pour qu’elles soient visibles dans l’air.
    Si les anti-vaccins voient un virus de la grippe rouge fluo flotter au bout de la rue, je pense qu’ils seraient moins réticent à se faire vacciner.

    Par contre, ça favoriserait peut être une autre forme de biais : les gens immunisés refuserait d’aller se frotter au monde extérieur et aux virus visibles, pensant qu’ils courent un risque plus élevé alors que non ^^

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    • Maeelk
      21 septembre 2015

      Ah c’est bien observé ça !

      Pour ce qui concerne les anti-vax, ils cumulent un nombre de biais tellement énorme (et qui va différer d’une personne à l’autre) qu’il est difficile de ne pas réussir à les faire rentrer dans n’importe quel case du style. ^^

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    • Madrilene
      5 octobre 2015

      Bonjour
      je précise que je ne suis pas une anti-vaccin, du moins pas une anti-vaccin radicale…

      Je trouve les remarques faites sur les biais (soit disant la totalité des biais existants) dont les anti-vaccin souffriraient abusive.

      D’abord il est a noter que l’information sur les vaccins souffre elle aussi d’un certain déséquilibre : les médias et les médecins mettent l’accent sur l’efficacité contre les maladies, mais n’informe que rarement sur la statistique en elle-même, à savoir que ‘efficacité est démontrée par la statistique : en général le vaccin est majoritairement efficace pour se prémunir de telle ou telle maladie, mais avec des effets secondaires parfois non anodins pour une minorité. On est dans une décision de politique de santé publique qui préfère éventuellement « sacrifier » quelques individus si l’effet est bon pour la masse. Mais au niveau individuel, il n’est pas illégitime d’évaluer ce que sont les effets secondaires dans leur nature et leur intensité même s’ils sont statistiquement rares : exemple si l’effet secondaire sera un simple prurit, ce n’est pas tout a fait la même gravité qu’une éventuelle sclérose en plaque surtout pour des sujets dont l’hérédité familiale serait défavorable dans ce cas…

      Je prends un autre cas de biais, cette fois-ci chez une grande majorité des médecins allopathiques spécialisés ( ex des cardiologues), chez qui on va voir se développer un biais de restriction à l’organe « soigné » pour oublier le reste du corps du patient et un effet hyperbolique de l’application statistique dans les cas limites :

      si vous avez des problemes cardiaques (arythmie, emballement…) et que vous rentrez dans un certain scoring, en France, le cardialogue va vous administrer automatiquement des anti coagulants, et souvent un médicament pour réduire le rythme cardiaque. Mais il existe des zones grises ou le patient se trouve juste autour de la ligne de démarcation où la statistique qui démontre qu’en fluidifiant le sang avec un INR à 2 ou 3 on a un effet statistique majeur dans la prévention des infarctus, embollie etc… Et là qu’est ce qu’on voit :un basculement automatique dans l’administration des anti-coagulants au lieu de traiter le cas individuel plus finement et éventuellement de l’exclure de la prescription normé par la Faculté et éventuellement les labos (parce que c’est assez rentable de faire prendre des anti coagulants au plus grand nombre de patients possibles) .
      Quant au biais de spécialisation, on voit très souvent que si le coeur est soigné alors à quoi bon prendre en compte les effets éventuels sur les autres organes…Le cardiologue veut juste que la cause de votre mort ne soit pas d’origine cardiaque (et tant pis pour la thyroide, le foie, la rétine, les os….)
      On touche évidemment là à la question du médicament : il y a surement un biais occidental à ne voir dans le médicament allopathique que la dimension curative et à oublier qu’en grec un « pharmakos » est aussi un poison (je parle ici du médicament allopathique mais la dualité poison/remède existe bien évidemment aussi en médecine naturopathique).

      Pour en revenir à nos vaccins, ils vont certes statistiquement dans la grande majorité des cas permettre de combattre certaines maladies, mais est ce pour autant que l’on ne doit pas s’interroger sur le fait que ce remède-poison puisse avoir des effets toxiques dans d’autres domaines pour le corps et que ces effets seraient soient méconnus en l’état des sciences (projettons nous un peu dans l’avenir) soient volontairement minorés pour des raisons de coûts (coûts des politiques publiques de santé, économie de marché pour les labos producteurs…) ?
      Quelle est cette conception de la médecine qui considèrerait que l’expert est le technicien et que la personne à qui cette « technique » (vendue comme une science mais qui est aussi et heureusement un artisanat : et oui le biais scientiste fait oublier qu’un médecin peut se tromper) n’aurait pas son mot à dire et devrait abandonner toute méfiance ou prévention voire out ressenti et ne serait pas aussi décisionnaire dans la prise ou non d’un médicament (et encore il faudrait nuancer avec les notions de prévention et de soin de la maladie si elle est avérée) ? Je trouve un peu facile de présenter les anti-vaccins comme des ignorants qui agissent irrationnellement au mépris de la sacro-sainte statistique.

      La partie sensible selon moi de la discussion sur les vaccins, se sont les adjuvants : pour des raisons d' »efficacité » (mais encore faudrait-il définir ce terme…) les labos introduisent des ingrédients, et notamment l’aluminium dont on est en mesure de se demander s’ils n’ont pas des effets hautement toxiques à plus long terme et dans d’autres pathologies que celles pour lesquelles le vaccin est censé agir.

      On avait des vaccins sans adjuvants, il semble que désormais on ait plus le choix et personnellement la perspective de me faire injecter des métaux lourds ne me réjouit pas : la question du choix ne peut plus être balayé d’un revers de statistique peut être biaisée…

      Par ailleurs, on sait que les souches virales mutent, il semble légitime de se demander quand un vaccin est fait dans la précipitation, sans étude sur le moyen terme des effets secondaires, quand un gouvernement achète massivement des doses à un labo dont les dirigeants ont des liens avec le pouvoir en place (conflit d’intérêt) et qu’il faut évidemment écouler avant une certaine date, s’il est judicieux de le prendre (oui oui je parle du vaccin « bachelot-de-consolation ») contre la grippe aviaire… même si « la statistique » l’affirme affirmativement.

      Bon je m’arrête là. Ce que je voulais aussi dire c’est que le propre d’un discours idéologique (quel qu’il soit) c’est de se faire passer pour naturel : je pense qu’il y a autant d’idéologie chez certains anti-vaccins qu’il y en a chez certains tenant de la médecine allopathique (et scientiste).

      Sur ce bonne journée

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      • Maeelk
        5 octobre 2015

        Bonjour Madrilène et merci de contribuer à la conversation, je vais essayer de répondre à vos commentaires (n’étant pas médecin je vous prie à l’avance mes éventuelles erreurs).

        Concernant l’information sur les vaccins, je trouve le commentaire un peu curieux : la sécurité routière fait régulièrement des campagnes incitant à mettre sa ceinture de sécurité et pourtant dans une minorité de cas, elle blesse le conducteur, voire l’empêche de sortir de sa voiture à temps (j’ai dans mon entourage le cas d’un ami qui a eu la vie sauve en étant éjecté de sa voiture lors d’un tonneau, si il avait eu sa ceinture il y serait resté) et pourtant on n’entend jamais ce genre de critique à son endroit.
        Alors en effet, il y a des effets secondaires pour une minorité, mais il faut bien avouer que d’une part il s’agit d’une infime minorité, que les effets secondaires dus à la non-vaccination sont bien plus importants (je ne vais pas revenir sur les effets à long terme de la rougeole, sur les morts dus chaque année à la grippe etc etc) et surtout que ces effets secondaires sont étudiés tout le temps (et indiqué sur la petite posologie qui accompagne chaque vaccin, ils n’ont rien de « caché »).
        On ne « sacrifie » personne : on se contente pragmatiquement d’évaluer la balance bénéfice/risque, et cette dernière est clairement en faveur des vaccins. Notez que si il y avait un moyen sûr et efficace de prévenir les maladies qui n’implique pas la possibilité (infime je le répète) d’effets secondaires graves, je serais ravi d’en faire la publicité.

        J’ai un peu de mal à comprendre ce que vous entendez pas médecine allopathique, si vous entendez par là « tout ce qui ne relève pas de la pensée magique » alors autant appeler ça de la médecine. Soit un traitement fait la preuve de son efficacité et ça devient de la médecine, soit non et ça reste une arnaque.
        Même dans le cas où on imaginerait une « énergie invisible indétectable qui passerait du praticien au patient », cette thérapie serait allopathique. Du coup la différenciation est un peu creuse.
        De plus, il y a à mon sens un gros biais/erreur de raisonnement dans votre paragraphe : les médecins, chirurgiens, pharmaciens et autres ne sont pas des robots sans aucune empathie et qui ne se contenteraient que de soigner « le morceau qui ne va pas ». Si lors d’une consultation, on vous demande vos antécédents et si vous suivez d’autres traitements, ce n’est pas pour rien mais pour savoir si les symptômes que vous manifestez ne sont pas la manifestation d’un trouble plus général (cf le billet de ce blog « La cause unique à tous vos maux »).
        Alors effectivement, il y a parfois des cas où le praticien est désemparé devant un cas un peu limite qui se présente à lui au bout d’une semaine de 120 heures de consultations et il est parfois tentant de se reposer sur la dernière déclarant du visiteur médical de la semaine dernière. Et puis après tout, ça rassure le patient.
        Ces problèmes sont (une fois encore) assez connus et touchent aussi à l’argent qu’une société accepte de dépenser dans le domaine de la santé, on sait qu’on manque de médecins et que donc ceux qui sont en exercice sont souvent débordés et donc plus sujet aux erreurs…

        Pour votre déclaration sur les cardiologues qui oublieraient que les médicaments sont aussi des poisons aux effets secondaires parfois très handicapants. Moi je veux bien que ça puisse exister (nul ne nie qu’on trouve des abrutis partout et que faire 12 ans d’études n’empêche pas de se conduire comme le dernier des crétins) mais bon, votre exemple est un peu bancal : si votre cœur s’arrête de battre vous mourez, alors si un médicament peut empêcher cela mais qu’il détériore votre vue bon… personnellement je préfère être vivant et à moitié aveugle que mort avec une bonne vue.
        Après je n’ai rien contre le suicide bien sûr et chacun est libre de disposer de son corps comme il l’entend (enfin dans certaines limites légales mais ça n’est pas vraiment la question ici). Par contre, ça m’ennuie plus quand les pseudo-thérapies aggravent une situation et/ou retardent un diagnostic et, ce faisant, augmentent le coût des « vrais soins ». La « part de gâteau » réservée à la santé n’étant pas extensible à l’infini, ça en fait moins pour les autres.

        Revenons donc aux vaccins, qui comme vous le reconnaissez permettent de prévenir nombre de maladie. Votre argument est là encore un peu curieux : quand je vais chez le garagiste, si il me dit de changer les plaquettes de frein, ok, j’ai parfaitement le droit de me dire qu’il me dit ça uniquement pour me vendre ses plaquettes et qu’il est biaisé par les prospectus des marchands de plaquettes de frein qui vont l’encourager à forcer la main des gens pour en vendre un maximum.
        Mais, soyons francs : il est tout de même plus probable qu’effectivement, je doive vraiment changer mes plaquettes. Et fréquenter les forums et groupes facebook « anti-plaquettes » ne fera pas de moi un spécialiste des systèmes de freinage. Pour être plus précis, je finirais par savoir plein de trucs sur les plaquette et je pourrais faire jouer à plein raisonnement motivé et biais de confirmation.

        La médecine est en effet une technique (et non pas un artisanat…) mais elle est basée sur des sciences, c’est à dire un ensemble de connaissances acquises et vérifiées grâce à la recherche systématique de l’erreur et à la non-existence de dogmes (même si il y a des chercheurs dogmatiques, c’est bien pour ça que c’est une démarche collective).
        Et ne vous en déplaise, je n’ai que rarement rencontré d’anti-vaxx qui soit parfaitement rationnel et ne finisse pas par verser dans le complotisme médical et le déni de la science (y compris mathématique).

        Les adjuvants, on ne les a pas mis dans les vaccins parce-qu’il restait de la place dans le flacon ou pour le plaisir d’empoissonner les gens. leur présence est motivée par des années d’études sur l’efficacité de tel ou tel composant… Pour l’aluminium dont vous parlez, il permet d’augmenter très efficacement la réponse immunitaire et ne pose de question qu’en France (je veux bien qu’on soit un peu particulier comme peuple mais il y a des limites), sans même parler du fait que les doses sont infimes (surtout comparées à ce que votre corps contient déjà naturellement, que l’aluminium est tout de même le métal le plus abondant de la croûte terrestre et qu’il s’agit de sels et non pas d’aluminium).

        Concernant le fait que les souches mutent, c’est vrai, mais ils ne différent pas tant que cela d’une génération à l’autre à l’autre et, encore une fois, ces changements sont connus et étudiés.

        Et bonne journée à vous aussi 😉

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        • Madrilene
          5 octobre 2015

          Merci de votre réponse, je répondrais un peu plus tard, car pour l’instant l’urgence m’appelle à d’autres « missions »…

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  7. Pingback: 12 biais cognitifs qui vous pourrissent la vie au quotidien - Symetrix

  8. F. Bachomo
    22 septembre 2015

    10^16 opérations par secondes ?
    seconde au pluriel ? Ouaouh, déjà 10^16 opération PAR SECONDE (au singulier) c’est difficile, bravo le bonhomme !

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  9. Simon
    22 septembre 2015

    « statistiquement, un américain a 1 chance sur 84 de décéder dans un accident de voiture et 1 sur 5.000 dans un accident d’avion – d’autres sources donnent même 1 sur 20.000 »

    A propos de biais de confirmation, je me demande si votre interprétation de cette statistique n’en est pas un.

    Tout d’abord, le temps passé dans le transport n’est pas pris en compte. Or évidemment on passe beaucoup plus de temps en moyenne dans sa voiture que dans un avion, donc forcément, à risque équivalent, on aurait un nombre de morts « brut » plus élevé.

    Ensuite, dans le cas des accidents de la route, une partie non négligeable des victimes sont responsables de leur situation, donc les statistiques sont largement variables selon son attitude, contrairement au cas de l’aviation.

    J’ai trouvé ces documents via wikipedia :

    http://archive.etsc.eu/documents/statoverv.pdf
    http://archive.etsc.eu/documents/mvdesign.pdf

    Si on prend la période 2001-2002, le nombre de personnes tuées par 100 millions d’heures passées dans le moyen de transport s’élève à 25 en voiture et 16 en avion.

    Si on prend l’année 1999, on a 30 en voiture, et 36,5 en avion.

    Je n’ai pas de statistique plus récente, mais on voit bien qu’on est loin du rapport de 60 contre 1 du début.

    Si l’on rajoute à ça qu’une bonne partie des morts en voiture sont des gens qui ont pris des risques inconsidérés comme rouler très vite, ou rouler bourré, ou très fatigué, ou les trois en même temps, je pense que pour une personne prudente, les statistiques sont largement en défaveur de l’avion, où l’on est quasiment tout le temps passager, et donc à égalité avec tout le monde face au risque que l’on soit prudent, brute, intelligent, débile, modéré, alcoolique, etc.

    Donc non seulement ce n’est pas valable statistiquement, mais si en plus on prend en considération l’atrocité de la mort en avion, où, si l’on doit y passer, on a le désavantage d’avoir plusieurs minutes avant pour y réfléchir et se dire qu’on n’a pas envie, mais qu’on n’a pas le choix, que c’est horrible, et pour crier en coeur avec ses dizaines de compagnons d’infortune, alors pour moi le constat est limpide : il n’y a aucun raison rationnelle d’estimer que prendre l’avion est moins risqué que prendre sa voiture.

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    • Maeelk
      5 octobre 2015

      Hello !
      désolé mais je n’avais pas vu ce commentaire… je pense que l’article original se réfère aux statistiques américaines, ce qui change quand même pas mal la donne.

      Les vols internes sont très nombreux dans ce pays et il me semble qu’ils sont très sûrs (en tout cas je ne me rappelle pas d’accident récent ayant entrainé des morts). Je pense que la différence vient de là.

      Et il y a aussi une petite différence : on parle de la perception là, je ne crois pas que beaucoup de gens refassent ces calculs avant de prendre l’avion. Il y a donc surtout une différence entre ce que l’ont « sait » (même si c’est peut être faux) et ce que l’on ressent.

      Ou alors, je me trompe complètement et je suis juste en train de céder à un moyen X ou Y de réduire la dissonance cognitive issue des documents et calculs que vous apportez… Zut ^_^

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    • villeneuve80
      1 février 2016

      Je ne crois pas qu’on puisse comparer la sécurité d’un moyen de transport avec un autre en terme de temps mais plutôt en terme de distance. Bien sûr on passe beaucoup moins de temps dans un avion, mais on fait beaucoup de kilomètres. Dans mon cas un seul voyage dans le sud égale la moitié de mon année en distance parcourue (6000 km en 9h de vol vs 6000 km en auto à disons 70 km/h de moy. en étant généreux soit 85h d’auto)
      Alors si on considère la distance parcourue plutôt que le temps, l’avion demeure plus sécuritaire que l’automobile.

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      • Simon
        1 février 2016

        Oui, c’est vrai, vous avez raison dans un certain sens, mais c’est une question de point de vue, ça dépend où est-ce qu’on situe la contrainte. Vous la situez sur la distance, moi sur le temps.

        Je la mets sur le temps car dans les faits, les personnes qui ne prennent pas l’avion ne se disent pas « tiens, je vais me faire 85 heures de bagnole pour faire 6000 km ».

        Non, dans les faits, les personnes qui ne prennent pas l’avion parcourent beaucoup moins de distance, car la proportion de temps que l’on est prêt à accorder au transport est à peu près le même pour tout le monde.

        Mais effectivement, à distance équivalente, l’avion bénéficie d’un bonus de facteur 10 compte tenu de sa rapidité. Reste à voir si cela suffit à compenser le « bonus de responsabilité » que j’évoquais plus haut.

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        • villeneuve80
          1 février 2016

          On est d’accord, mais pour moi c’est clair que la distance doit primer sur le temps, puisque que le but ultime du moyen de transport est d’aller d’un point A à un point B et ensuite les gens décident si le temps/$$ requis vaut le déplacement.

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  10. Pingback: Sirtin » L’urinothérapie… Pour ou contre ?

  11. Arthur Fingal
    19 octobre 2016

    Pour ceux qui sont intéressés par le sujet,

    Je me permets un peu de pub, j’ai réalisé une vidéo de vulgarisation qui traite du sujet montrant comment les biais cognitifs peuvent influencer nos décisions 🙂

    C’est ici:

    Enjoy! 🙂

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Cette entrée a été publiée le 18 septembre 2015 par dans Débutant, et est taguée .
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